Hong Kong observe trois jours de deuil après la tragédie de Wang Fuk Court
Le territoire de Hong Kong a entamé samedi trois jours de deuil national suite au plus meurtrier incendie de son histoire récente, qui a coûté la vie à au moins 128 personnes dans le complexe résidentiel de Wang Fuk Court. Cette tragédie soulève des questions importantes sur la sécurité urbaine dans les mégapoles modernes.
Un territoire sous le choc
Dans un silence respectueux, les habitants de Hong Kong se succèdent au pied des tours calcinées pour déposer des fleurs blanches et jaunes. Le complexe de Wang Fuk Court, situé dans le district de Tai Po, témoigne encore de l'ampleur du drame avec ses huit immeubles noircis par les flammes.
Wong, une résidente de 69 ans qui habite le complexe depuis plus de 40 ans, évoque avec émotion la perte d'une connaissance qui s'occupait d'un bébé de 18 mois. "On a appris hier qu'ils étaient morts", confie-t-elle, visiblement bouleversée.
Les autorités mobilisées
Le chef de l'exécutif John Lee et plusieurs ministres ont observé trois minutes de silence devant les locaux du gouvernement, où les drapeaux étaient mis en berne. Cette marque de respect illustre la gravité de la situation et l'engagement des autorités face à cette tragédie.
L'incendie s'est déclaré mercredi après-midi dans les parties inférieures des filets de protection du chantier. Le feu s'est propagé rapidement aux autres tours, favorisé par les matériaux de construction utilisés, notamment les filets, les panneaux de mousse et les échafaudages en bambou, pratique courante à Hong Kong.
Une enquête approfondie en cours
Les autorités ont confirmé que les alarmes incendie n'avaient pas fonctionné, aggravant considérablement les conséquences du sinistre. Une commission d'enquête a annoncé l'arrestation de huit personnes pour corruption présumée dans le marché de rénovation, incluant des responsables du bureau d'études et des sous-traitants.
Trois autres hommes ont été arrêtés pour "grossière négligence", selon les autorités policières. Ces arrestations témoignent de la volonté des autorités de faire toute la lumière sur les circonstances de cette tragédie.
Un record tragique
Ce sinistre constitue l'incendie d'immeuble le plus meurtrier depuis 1980 dans le monde, selon les données de l'Université de Louvain. Cette tragédie rappelle la vulnérabilité des territoires à forte densité de population comme Hong Kong, place forte de la finance internationale.
Le complexe de 2.000 logements, inauguré en 1983, était en cours de rénovation mais restait occupé par ses résidents. Des dizaines de victimes demeurent non identifiées et une centaine de personnes sont toujours portées disparues.
Vers des réformes nécessaires
Cette catastrophe soulève des interrogations légitimes sur la réglementation de la construction et la sécurité des chantiers dans ce territoire soumis à une intense pression immobilière. "Un tel accident arrivera à nouveau si une nouvelle législation n'est pas adoptée", prévient Or Muk-hung, un chauffeur de taxi dont la fille est sans nouvelles de son ami, résident du complexe.
Les autorités de Hong Kong devront désormais tirer les leçons de cette tragédie pour renforcer la sécurité des chantiers et protéger les citoyens. Cette catastrophe rappelle l'importance cruciale des normes de sécurité dans l'urbanisme moderne.