Législatives 2026 : L'Alliance de la gauche confirme son rôle d'opposition et son ancrage dans la durée
Au lendemain de la nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement, l'Alliance de la gauche, qui réunit le Parti socialiste unifié (PSU) et la Fédération de la gauche démocratique (FGD), a présenté mercredi 30 septembre à Casablanca sa lecture des élections législatives du 23 septembre. Réunis en conférence de presse, Jamal Lasri, Abdeslam Laaziz et Nabila Mounib ont confirmé le choix de l'opposition parlementaire et présenté le bilan électoral de leur formation.
Une progression électorale notable pour l'Alliance de la gauche
L'Alliance de la gauche dispose désormais de huit sièges à la Chambre des représentants, contre deux lors des précédentes législatives. Nabila Mounib a d'ailleurs remporté la circonscription de Casablanca-Anfa. Pour ses dirigeants, cette progression constitue l'un des principaux enseignements du scrutin. L'Alliance affirme avoir recueilli au total 271.361 suffrages, répartis entre les circonscriptions locales et régionales, avec une présence renforcée dans plusieurs grands centres urbains.
Des réserves sur le déroulement du scrutin
Jamal Lasri, secrétaire général du PSU, a toutefois estimé que le nombre de sièges aurait pu être plus important. Il a évoqué des irrégularités présumées dans plusieurs circonscriptions, notamment à Tanger, Meknès, Jerada, Boulemane et Aïn Chock. L'Alliance entend recourir aux procédures légales disponibles lorsqu'elle réunira les éléments nécessaires pour contester les résultats concernés.
Les responsables de l'alliance se sont notamment attardés sur ce qu'ils ont qualifié de « séisme de Tanger », en évoquant des soupçons de fraude au niveau de l'école Al Qods, à Casabarata, faisant référence à l'affaire impliquant, entre autres, Mounir Laymouri, maire de Tanger, interpellé le 28 septembre.
Une campagne menée avec des moyens limités
Malgré ces contestations, l'Alliance dit retenir plusieurs éléments positifs de sa campagne. Ses dirigeants ont insisté sur les moyens limités mobilisés, mais aussi sur un programme qu'ils jugent clair, une ligne politique assumée et l'engagement de nombreux volontaires.
Les représentants de l'Alliance ont également remis en question certaines modalités liées à la participation électorale et à l'inscription sur les listes. Ils estiment notamment que la possibilité de voter sur simple présentation de la carte d'identité nationale pourrait faciliter la participation, particulièrement celle des jeunes, dont une partie aurait été mobilisée par la dynamique de la campagne.
Sur ce point, ils considèrent que la progression de leur score ne peut pas être réduite à un vote de mécontentement dirigé contre les autres partis. Interrogés sur l'hypothèse d'électeurs ayant voté pour eux pour « sanctionner » ou exprimer leur colère contre les partis traditionnels, ses représentants ont rejeté cette lecture. Selon eux, les suffrages obtenus correspondent avant tout à des électeurs ayant adhéré à leur programme et à leur projet politique.
Une alliance appelée à durer
Au-delà du scrutin du 23 septembre, l'Alliance de la gauche entend maintenir sa coalition dans la durée. Ses responsables ont assuré qu'il ne s'agissait pas d'une alliance constituée uniquement pour les élections, mais d'un cadre politique appelé à se poursuivre durant la prochaine législature. La porte reste par ailleurs ouverte à d'autres formations de gauche, ont-ils indiqué, à condition que les éventuels rapprochements reposent sur des principes et des engagements politiques communs, et non sur une simple répartition des sièges parlementaires.
Quelle position vis-à-vis du PJD ?
L'Alliance se place ainsi clairement dans l'opposition. Elle a également évoqué la possibilité de convergences ponctuelles avec le PJD, eux aussi ayant annoncé leur choix de siéger dans l'opposition. En revanche, ses responsables excluent une coordination politique ou parlementaire systématique avec le parti de la Lampe, en raison de divergences idéologiques et sociétales évidentes.
Des accords ponctuels sur certains dossiers ne sont toutefois pas exclus. Les représentants de l'Alliance estiment que des positions communes pourront naturellement apparaître sur certaines questions au Parlement. Ils assurent, dans le même temps, qu'ils n'entendent pas adopter une posture consistant à « être sur le dos » du PJD.
« Ce n'est pas la personne de Fatima Ezzahra El Mansouri qui pose problème »
La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement a naturellement été abordée lors de la conférence. L'Alliance a distingué la personne de la nouvelle cheffe du gouvernement de ses réserves à l'égard du PAM. Ses représentants ont salué, dans l'absolu, la nomination d'une femme à la tête du gouvernement et lui ont souhaité de réussir dans sa mission. Ils ont également estimé que sa désignation s'était faite dans le respect de la Constitution, en vertu de l'article 47.
Pour eux, la question se situe toutefois ailleurs. Leurs réserves portent davantage sur le parti que représente Fatima Ezzahra El Mansouri que sur sa personne. Cette position ne modifie donc pas leur choix de rejoindre les bancs de l'opposition et d'y assumer pleinement leur rôle durant la prochaine législature.
Enfin, l'Alliance de la gauche a réaffirmé que toute éventuelle alliance politique future ne pourrait se construire autour de considérations liées au nombre de sièges ou aux postes à pourvoir. Elle devrait, selon eux, reposer sur des engagements et des principes partagés.