Syrie: L'armée gouvernementale reprend le contrôle territorial face aux défis kurdes
Le président syrien Ahmad al-Chareh poursuit ses efforts pour restaurer l'autorité de l'État central sur l'ensemble du territoire national, malgré les appels internationaux à la modération. Cette démarche s'inscrit dans une volonté de consolidation institutionnelle après plus d'une décennie de conflit.
Avancées territoriales stratégiques
Les forces gouvernementales syriennes ont annoncé dimanche la prise de contrôle de la ville de Tabqa, située dans la province de Raqa. Selon le ministre de l'Information Hamza Moustafa, cette opération inclut le contrôle du barrage sur l'Euphrate, infrastructure stratégique majeure du pays.
Cette progression s'effectue dans le cadre d'une campagne visant à rétablir la souveraineté étatique sur des zones précédemment contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par la minorité kurde.
Reconnaissance historique des droits kurdes
Dans une démarche diplomatique notable, le président al-Chareh a annoncé vendredi par décret la reconnaissance officielle des droits nationaux kurdes. Cette décision historique établit le kurde comme langue officielle, marquant une évolution significative pour cette minorité estimée à deux millions de personnes sur une population de 20 millions d'habitants.
Cette initiative témoigne d'une approche inclusive visant à intégrer harmonieusement les différentes composantes de la société syrienne dans le cadre d'un État unifié.
Réactions internationales et défis diplomatiques
Les développements récents ont suscité l'attention de la communauté internationale. Les États-Unis, par l'intermédiaire de leur Commandement militaire pour le Moyen-Orient (Centcom), ont appelé à une coopération renforcée entre partenaires syriens.
Le président français Emmanuel Macron a souligné l'importance d'une approche intégrée, déclarant qu'"une Syrie unie et stable passe par l'intégration des Forces démocratiques syriennes".
Perspectives d'unification nationale
L'administration autonome kurde du nord de la Syrie a qualifié le décret présidentiel de "premier pas" tout en exprimant des attentes supplémentaires. Cette réaction illustre la complexité du processus de réconciliation nationale en cours.
Un accord conclu en mars dernier prévoit l'intégration progressive des institutions civiles et militaires kurdes au sein de l'État syrien, processus qui nécessite un dialogue constructif entre toutes les parties prenantes.
Ces développements s'inscrivent dans une démarche plus large de reconstruction institutionnelle et de consolidation de la souveraineté syrienne, après avoir surmonté les défis posés par les groupes extrémistes qui avaient établi leur emprise sur certaines régions du pays.