La commune de Casablanca s'apprête à lancer une vaste opération de recensement et de diagnostic de près de 800 biens immobiliers et équipements publics. Cette initiative stratégique vise à maîtriser le patrimoine foncier de la métropole, sécuriser sa situation juridique et optimiser sa gestion dans le cadre des nouvelles exigences de la gouvernance territoriale.
Une opération d'envergure pour la métropole
Portée par la commune de Casablanca, cette opération inédite ambitionne de regrouper l'ensemble des données relatives au patrimoine foncier de la ville. Il s'agit d'évaluer le statut juridique, technique et fonctionnel de chaque bien afin d'en optimiser la gestion et de valoriser les opportunités d'investissement. Ce projet s'inscrit dans les préparatifs de la deuxième session ordinaire d'octobre du conseil communal.
Une méthodologie innovante et rigoureuse
Le projet repose sur une approche méthodologique combinant un recensement de terrain, des diagnostics techniques et des recherches foncières et juridiques. Toutes les informations seront unifiées au sein d'un système d'information géographique, permettant d'identifier précisément les biens, leurs superficies et leurs composantes, tout en dressant un état des lieux actualisé.
Le document programmatique prévoit de scinder les sites ciblés en deux catégories distinctes. La première phase concerne environ 700 biens, qui feront l'objet d'un recensement rapide avec des fiches techniques préliminaires axées sur les données de base et la géolocalisation. La seconde phase portera sur une centaine d'équipements majeurs, englobant les administrations, les infrastructures et les services publics, lesquels nécessiteront un diagnostic approfondi couvrant les aspects architecturaux, les conditions de sécurité, la situation foncière et légale, ainsi qu'une estimation chiffrée des coûts de maintenance et de réhabilitation.
Un calendrier précis et une traçabilité garantie
Le calendrier prévisionnel de cette opération s'étalera sur une période maximale de trente-neuf semaines. Il débutera par la collecte des données existantes et leur confrontation avec les images satellitaires et les listes locales, avant de se poursuivre par des visites sur le terrain, des levés topographiques et la délimitation des frontières et des superficies. Le processus s'achèvera par la vérification de la situation légale des biens immobiliers en étroite coordination avec la conservation foncière et les autorités compétentes, garantissant ainsi une traçabilité irréprochable de chaque parcelle.
Une base de données unifiée pour une gestion optimale
Au-delà d'une simple mise à jour, cette démarche prévoit la création d'une base de données unifiée regroupant l'identité, la nature, la superficie, le statut de propriété et le niveau de conformité des documents fonciers avec la réalité du terrain. Ce dispositif permettra également d'évaluer l'état technique des biens, de repérer les éventuels litiges ou occupations illicites, et de vérifier leur adéquation avec les documents d'urbanisme en vigueur. Ces prérequis sont essentiels pour rationaliser l'exploitation du patrimoine public.
Une réponse aux exigences de la gouvernance territoriale
Cette initiative répond enfin aux orientations du ministère de l'Intérieur qui, à l'approche de la fin de mandature des conseils communaux, insiste sur la mise en place de règles strictes de gouvernance territoriale et de protection des deniers publics. L'obligation faite aux maires d'effectuer un inventaire global de tous les biens meubles et immeubles, englobant aussi bien les parcelles foncières que les véhicules, les équipements techniques et le mobilier de bureau, constitue désormais un pilier fondamental pour assurer une transition administrative transparente et sécurisée entre les conseils sortants et ceux issus des prochaines échéances électorales.
Cette démarche témoigne de l'engagement des autorités locales à moderniser la gestion du patrimoine public, dans un esprit de transparence et d'efficacité, conformément aux hautes orientations royales visant à consolider la bonne gouvernance territoriale et à promouvoir un développement urbain durable.
