Correspondance fraternelle entre Boualem Sansal et Hafid Ouchchak : un appel à la mémoire et à l’unité du Maghreb
Dans un échange épistolaire rare et émouvant, l’écrivain algérien Boualem Sansal et le député marocain Hafid Ouchchak ont renoué le fil d’un dialogue fraternel, par-delà les tensions diplomatiques. Publiée sur Le360, cette correspondance illustre la constance de la main tendue du Maroc et la force des liens indéfectibles entre les deux peuples.
Une lettre qui ranime les consciences
Boualem Sansal, dans sa réponse à la lettre de Hafid Ouchchak, salue un texte «venu du cœur». Il rappelle que les livres et les lettres ne servent à rien s’ils ne réveillent pas les consciences et ne contribuent pas à guérir les mémoires. L’écrivain insiste sur la mémoire précieuse partagée par les Marocains et les Algériens, une mémoire «profondément abîmée» par l’ingratitude des dirigeants algériens après l’indépendance.
Il évoque l’aide fraternelle et courageuse apportée par le roi Mohammed V et le peuple marocain à la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, une solidarité qui s’est heurtée à la suspicion, puis à l’insulte et au mépris. Sansal dénonce la course effrénée aux armements menée par l’Algérie, qu’il interprète comme une menace de guerre. Malgré tout, il affirme que «la main tendue demeure la seule boussole qui vaille pour notre cher Maghreb».
La réponse du Maroc : sérénité et constance
Hafid Ouchchak, député du RNI et membre de la Fédération internationale des journalistes et écrivains du tourisme, répond avec une émotion palpable. Il salue un texte qui «dépasse le tumulte de l’actualité pour entrer dans le temps long de l’Histoire». Pour lui, la lettre de Sansal est un appel à la conscience, une invitation à réhabiliter la mémoire et à redonner au Maghreb l’espérance perdue.
Ouchchak rappelle avec force le rôle historique du Maroc sous la conduite visionnaire de feu Sa Majesté Mohammed V, qui fit du Royaume une terre d’accueil pour les responsables de la Révolution algérienne. Il souligne que le Maroc ne demanda jamais de récompense, car «la liberté d’un peuple frère ne se négocie pas; elle se défend».
La continuité royale : de Mohammed V à Mohammed VI
Le député met en lumière la constance remarquable de la politique marocaine. De Mohammed V à Hassan II, puis à Mohammed VI, une même conviction traverse les générations : il ne peut y avoir de Maghreb fort sans une entente sincère entre le Maroc et l’Algérie. Il cite les appels répétés de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à l’apaisement, au dialogue et à l’ouverture d’une nouvelle page dans les relations bilatérales.
Ouchchak rappelle que le Souverain a affirmé à plusieurs reprises que le Maroc souhaite l’ouverture des frontières, la normalisation des relations et l’instauration d’un dialogue direct avec les dirigeants algériens. Le Royaume ne considère jamais l’Algérie comme un adversaire, mais comme un partenaire naturel.
Un appel à l’unité du Maghreb
Les deux hommes partagent une conviction profonde : les peuples n’ont aucun intérêt à hériter des querelles de leurs dirigeants. Ouchchak insiste sur le fait que le peuple marocain n’a jamais cessé de considérer le peuple algérien comme un peuple frère. Il appelle à rendre au Maghreb sa vocation historique : devenir un espace de stabilité, de prospérité et de coopération.
«Les frontières peuvent séparer les territoires. Elles ne sépareront jamais les consciences», conclut-il, en écho aux mots de Sansal : «Les gouvernements passent, les peuples demeurent.»
FAQ : Questions fréquentes sur cet échange épistolaire
Qui sont Boualem Sansal et Hafid Ouchchak ?
Boualem Sansal est un écrivain algérien de renom, connu pour ses positions critiques envers le régime algérien. Hafid Ouchchak est un député marocain du Rassemblement National des Indépendants (RNI) et membre de la Fédération internationale des journalistes et écrivains du tourisme.
Quel est le message principal de cette correspondance ?
Le message central est un appel à la mémoire partagée et à la fraternité entre les peuples marocain et algérien, par-delà les tensions diplomatiques. Les deux auteurs insistent sur la nécessité de préserver les liens humains et de construire un avenir commun pour le Maghreb.
Quel rôle le Maroc a-t-il joué dans l’indépendance de l’Algérie ?
Sous la conduite de feu Sa Majesté Mohammed V, le Maroc a offert un soutien politique, logistique et humain déterminant aux responsables de la Révolution algérienne. Le territoire marocain a servi de terre d’accueil et de base arrière pour les combattants algériens.
Photo : www.le360.ma