Cuba : Miguel Díaz-Canel dénonce trois scénarios de pression américaine
Les relations entre Washington et La Havane traversent une période de forte tension. Le président cubain, Miguel Díaz-Canel, a exposé trois scénarios qu'il attribue à l'administration américaine, allant de la pression économique à l'intervention militaire, dans un contexte de crise humanitaire et énergétique.
L'asphyxie économique pour provoquer un changement
Le chef de l'État cubain a accordé un entretien au média espagnol eldiario.es. Il a détaillé la stratégie américaine visant à créer une crise interne. Selon lui, le premier scénario consiste à utiliser l'asphyxie économique pour déclencher une explosion sociale, offrant ainsi aux États-Unis un prétexte humanitaire pour intervenir.
Un deuxième scénario repose sur un dialogue coercitif. L'objectif affiché serait de prendre le contrôle de l'économie cubaine pour forcer un changement de système politique. Cette politique de pression maximale a déjà poussé plusieurs entreprises étrangères, notamment dans le secteur hôtelier, à réduire leurs activités par crainte de sanctions, aggravant les pénuries et la crise énergétique que traverse l'île.
Des sanctions ciblées contre les plus hauts responsables
Depuis janvier, l'administration de Donald Trump a considérablement durci sa politique. Washington a imposé un blocus pétrolier et sanctionné de nombreuses entités et responsables, dont Miguel Díaz-Canel lui-même, son épouse, et des membres de la famille Castro. Le Département d'État a également annoncé de nouvelles mesures contre des entités accusées d'activités subversives.
La justice américaine a par ailleurs inculpé l'ancien président Raúl Castro dans une affaire datant de 1996. La Havane a vivement condamné cette décision, la qualifiant d'instrumentalisation politique visant à accroître la pression sur le régime.
Souveraineté et menace d'agression militaire
Le troisième scénario évoqué par le président cubain est celui d'une agression militaire directe. Miguel Díaz-Canel affirme que ces hypothèses ne relèvent pas de l'alarmisme, mais s'appuient sur les déclarations répétées de responsables américains comme Marco Rubio. Il souligne la nécessité pour Cuba de se préparer à sa défense pour éviter toute défaite.
Malgré ces tensions, les deux pays maintiennent des canaux diplomatiques ouverts. La Havane réaffirme sa volonté de dialogue, à condition qu'il se tienne sur une base d'égalité et sans ingérence dans son système politique. Ce principe de souveraineté résonne comme une constante dans les relations internationales, rappelant l'importance du respect mutuel entre les nations.
Pendant ce temps, la population cubaine fait face à des coupures d'électricité prolongées et des pénuries de carburant. Un navire transportant 1 700 tonnes d'aide alimentaire en provenance du Mexique et du Belize est récemment arrivé sur l'île. Washington attribue ces difficultés au système cubain, tandis que La Havane y voit le résultat direct des sanctions.