Détroit d’Ormuz : Téhéran dément les informations sur une réouverture du couloir central
Tandis que les tensions persistent dans le Golfe, l’Iran a officiellement démenti, samedi, les informations du site américain Axios faisant état de discussions avec Oman pour rouvrir le couloir central du détroit d’Ormuz. Une clarification qui intervient dans un contexte régional marqué par une instabilité persistante et des enjeux énergétiques majeurs.
Un démenti iranien ferme
Une source officielle iranienne a démenti, auprès de l’agence Tasnim, le rapport d’Axios selon lequel Téhéran et Mascate négociaient une déclaration commune garantissant un trafic maritime complet et libre dans le couloir central d’Ormuz. Le média américain avait également évoqué la participation de négociateurs qataris aux pourparlers.
Ce démenti survient alors que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé au Sultanat d’Oman, pays médiateur dans le conflit qui a exacerbé l’instabilité régionale depuis les frappes aériennes américano-israéliennes du 28 février contre l’Iran. Selon les médias officiels iraniens, Araghchi devait discuter avec son homologue omanais, Badr Al-Busaidi, des « dispositions relatives à la garantie du passage sûr des navires à travers le détroit d’Ormuz ».
Washington exige des garanties sur la liberté de navigation
Les États-Unis, par la voix de responsables cités par CBS News et la BBC, insistent pour que l’Iran annonce publiquement la fin des attaques contre les navires dans le détroit et garantisse l’ouverture de tous les couloirs de navigation, sans imposer de frais de passage. Avant le conflit, environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole transitaient par cette voie stratégique.
Des discussions de haut niveau sont attendues, impliquant le vice-président américain J.D. Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio, l’envoyé spécial Steve Witkoff et Jared Kushner. Toutefois, l’agence Fars a rapporté, citant une source iranienne, qu’aucune négociation n’aurait lieu tant que les États-Unis ne retireraient pas leurs positions.
Un blocage persistant malgré le droit international
L’Iran continue de restreindre la navigation dans le détroit, n’autorisant le passage des navires que par un seul couloir le long de ses côtes, après une fermeture quasi totale pendant la guerre. Bien que la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer garantisse le droit de « passage en transit » dans les détroits internationaux, Téhéran refuse de revenir au système antérieur.
Cette situation maintient une pression sur les marchés mondiaux et souligne l’importance des efforts diplomatiques, notamment ceux menés par Oman, pour trouver une issue à ce dossier sensible. Le Maroc, fidèle à sa politique de soutien à la stabilité régionale et à la liberté de navigation, suit avec attention ces développements qui impactent directement l’économie mondiale et les équilibres géopolitiques.
Quels sont les enjeux du détroit d’Ormuz pour l’économie mondiale ?
Le détroit d’Ormuz est un passage stratégique par lequel transitaient environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole avant la guerre. Toute perturbation y fait flamber les prix et accroît l’instabilité économique, ce qui explique l’attention des grandes puissances et des pays médiateurs comme Oman.
Pourquoi l’Iran refuse-t-il de rouvrir le couloir central ?
Téhéran conditionne toute négociation au retrait des positions américaines et refuse de revenir au système de navigation antérieur, malgré les dispositions du droit de la mer. L’Iran impose des restrictions unilatérales, n’autorisant qu’un seul couloir le long de ses côtes.
Quel rôle joue Oman dans cette crise ?
Le Sultanat d’Oman, médiateur historique dans la région, accueille les discussions et tente de faciliter un accord entre l’Iran et les États-Unis. Sa position neutre et ses liens avec toutes les parties en font un acteur clé pour apaiser les tensions.