Ferroviaire: le Maroc forge sa souveraineté industrielle
Le Maroc accélère sa transition vers une souveraineté industrielle dans le secteur ferroviaire. Sous l'impulsion de la vision royale, l'Office national des chemins de fer (ONCF) et ses partenaires internationaux préparent l'assemblage du premier train 100% marocain d'ici 2029. L'objectif est clair: atteindre 30 à 40% d'intégration nationale à l'horizon 2030-2031 et créer près de 10 000 emplois directs et pérennes, ancrant ainsi le Royaume dans la chaîne de valeur ferroviaire mondiale.
Une trajectoire historique portée par la vision royale
L'ambition du Maroc de devenir un pôle ferroviaire régional et international de référence ne relève pas de l'improvisation. Elle s'inscrit dans une trajectoire historique, portée par les orientations éclairées de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que l'ONCF et ses partenaires industriels s'attachent à concrétiser. Le Royaume dispose d'un socle industriel réel, comme en témoigne le rôle passé de la Société marocaine de construction industrielle et ferroviaire (SCIF) dans la fabrication de sous-ensembles, de voitures voyageurs et l'exportation de wagons de marchandises.
Cette dynamique a connu une accélération décisive avec le lancement de projets structurants, à l'image du train à grande vitesse Al Boraq, mis en service en 2018. Ce projet phare a posé les jalons d'une modernité ferroviaire que le Maroc entend désormais maîtriser de bout en bout. Fort de ces acquis, la direction générale de l'ONCF, sous la conduite de Mohamed Rabii Khlie, déploie une vision stratégique articulée autour de trois objectifs: maximiser les retombées locales des investissements, créer des emplois durables à forte valeur ajoutée et renforcer la souveraineté industrielle en optimisant la chaîne logistique.
Quels leviers pour la souveraineté ferroviaire marocaine?
Pour déployer cette feuille de route, l'Office s'appuie sur trois leviers complémentaires. Le premier repose sur le développement d'une ingénierie ferroviaire prescriptive, grâce à une politique volontariste de recrutement et de montée en compétences. Le deuxième levier concerne la structuration du secteur via le cluster Morocco Tra Industry (MTI), créé en 2021, qui fédère aujourd'hui plus de 100 acteurs industriels, académiques et institutionnels. Enfin, le troisième axe intègre des mécanismes de compensation industrielle dans les marchés stratégiques, notamment pour l'acquisition et la rénovation du matériel roulant.
Un calendrier opérationnel ambitieux
Cette ambition stratégique est entrée dans sa phase opérationnelle avec un calendrier précis. Le démarrage de l'activité d'assemblage d'un train complet au Maroc est prévu pour 2028. La sortie des rails du premier train assemblé localement est attendue en 2029, tandis que la fabrication complète débutera en 2030. À l'horizon 2030-2031, le Royaume vise un écosystème national capable de capter entre 30% et 40% de la valeur d'un train ou d'un système de signalisation, tout en développant une capacité d'exportation vers les marchés africains et au-delà.
Des résultats financiers qui confirment la dynamique
Sur le plan financier, l'année 2025 s'est clôturée sur une note positive pour l'ONCF, portée par une hausse globale de l'activité. Le secteur voyageurs a enregistré le transport de plus de 55,6 millions de passagers, générant un chiffre d'affaires de 2,9 milliards de dirhams, soit une progression supérieure à 5% par rapport à l'exercice précédent. Le train à grande vitesse Al Boraq a contribué à cette performance à hauteur de 5,6 millions de voyageurs et 848 millions de dirhams de recettes. Les activités de fret et de logistique affichent également une croissance notable. Le transport de marchandises a généré 744 millions de dirhams, tandis que l'activité des phosphates a connu une forte reprise avec 14,2 millions de tonnes transportées pour un chiffre d'affaires de 1,245 milliard de dirhams, en hausse de 10%.
Des partenariats internationaux au service de l'industrie nationale
Cette dynamique globale se traduit concrètement par les engagements fermes de plusieurs industriels d'envergure. Le constructeur sud-coréen Hyundai Rotem prévoit l'implantation d'une usine de fabrication et d'assemblage au Maroc, un signal fort qui témoigne de la confiance internationale dans l'écosystème national. De son côté, le français Alstom développe une nouvelle activité dédiée aux pupitres de conduite pour compléter ses sites de production existants. L'espagnol CAF s'est engagé à accompagner au moins cinq fournisseurs locaux dans le développement de sous-systèmes technologiques, transférant ainsi un savoir-faire stratégique. Au niveau national, le constructeur marocain SCIF vise un taux d'intégration locale supérieur à 50% pour la production de deux gammes de wagons spécialisés.
À terme, l'ensemble de ces initiatives industrielles devrait générer près de 10 000 emplois directs pérennes et ancrer solidement le Maroc dans la chaîne de valeur ferroviaire mondiale. Cette stratégie, qui allie souveraineté nationale et ouverture sur les partenariats internationaux, illustre la capacité du Royaume à transformer ses ambitions en réalités tangibles, conformément aux orientations royales.
Quand le Maroc assemblera-t-il son premier train local?
L'assemblage du premier train complet au Maroc est prévu pour démarrer en 2028. La sortie des rails du premier train assemblé localement est attendue en 2029, tandis que la fabrication complète débutera en 2030.
Quel taux d'intégration locale vise le Maroc dans le ferroviaire?
Le Maroc vise un taux d'intégration nationale de 30% à 40% à l'horizon 2030-2031. Ce taux concerne la valeur d'un train complet ou d'un système de signalisation, avec une capacité d'exportation à la clé.
Combien d'emplois le secteur ferroviaire marocain créera-t-il?
Les initiatives industrielles en cours dans le secteur ferroviaire devraient générer près de 10 000 emplois directs et pérennes, selon les données de l'ONCF rapportées par le quotidien L'Economiste.