Genève accueille de nouveaux pourparlers russo-ukrainiens sous médiation américaine
Une nouvelle session de négociations entre la Russie, l'Ukraine et les États-Unis s'ouvre mardi à Genève, marquant une étape diplomatique importante dans la recherche d'une solution au conflit ukrainien qui perdure depuis quatre ans.
Reprise des discussions diplomatiques
L'équipe de négociateurs russes, dirigée par l'historien et ex-ministre de la Culture Vladimir Medinski, est arrivée à Genève vers 06H00 GMT. La délégation ukrainienne, menée par l'ex-ministre de la Défense Roustem Oumerov, avait rejoint la ville suisse dès lundi, selon le président Volodymyr Zelensky.
Ces nouvelles discussions font suite à deux rencontres précédentes aux Émirats arabes unis qui n'avaient pas abouti à des résultats concluants. Cette fois, la présence de Vladimir Medinski suggère que le volet politique, et non plus seulement militaire, sera abordé de manière plus approfondie.
Un plan américain comme base de travail
Les négociations s'appuient sur le plan américain dévoilé il y a plusieurs mois par l'administration Trump. Donald Trump fait pression pour obtenir un dénouement diplomatique du conflit, répétant que "l'Ukraine ferait mieux de venir à la table des discussions, et rapidement".
La Maison Blanche a dépêché l'émissaire spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre du président américain, pour représenter les intérêts américains dans ces pourparlers cruciaux.
Points de friction persistants
Les discussions achoppent particulièrement sur le sort du Donbass, le grand bassin industriel de l'est de l'Ukraine. Moscou exige le retrait des forces ukrainiennes des zones qu'elles contrôlent encore dans la région de Donetsk, une demande catégoriquement refusée par Kiev.
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a prévenu que "les questions" à régler demeuraient "vastes" et que "personne ne se risquera à prédire" l'issue des discussions genevoises.
Positions divergentes sur les concessions territoriales
La possibilité de concessions territoriales par Kiev, en échange de garanties de sécurité occidentales, reste au cœur des débats. Cependant, Volodymyr Zelensky a réaffirmé samedi son refus catégorique de céder des territoires à la Russie, qui occupe actuellement 19,5% de l'Ukraine.
"Nous ne pouvons pas simplement nous retirer de notre territoire ou échanger une partie de notre territoire contre une autre", a déclaré le président ukrainien en marge de la Conférence sur la Sécurité de Munich.
Évolutions récentes sur le terrain
Paradoxalement, alors que ces négociations reprennent, les tensions militaires persistent. Le ministère russe de la Défense a annoncé avoir détruit plus de 150 drones ukrainiens visant la mer Noire, la Crimée et la mer d'Azov.
Parallèlement, l'armée ukrainienne a mené une contre-offensive remarquable, reprenant 201 km² à l'armée russe entre mercredi et dimanche, selon l'Institut pour l'étude de la guerre.
Exclusion européenne questionnée
Comme lors des discussions précédentes, les alliés européens de l'Ukraine sont tenus à l'écart de ces négociations, une situation que Zelensky qualifie de "grosse erreur". Cette approche bilatérale, orchestrée par Washington, soulève des interrogations sur l'implication future de l'Europe dans la résolution du conflit.
Ces pourparlers de Genève représentent un test crucial pour la diplomatie internationale, dans un contexte où la communauté mondiale aspire à une résolution pacifique de ce conflit qui a marqué les relations internationales depuis 2022.