Gestion déléguée des déchets: 27 milliards de dirhams au Maroc
Le Maroc déploie un plan de 27,6 milliards de dirhams pour réorganiser la gestion déléguée des déchets et corriger les failles du secteur. Ce plan, piloté par le ministère de l'Intérieur, vise à moderniser les infrastructures, atteindre 100% de collecte en milieu urbain et valoriser 25% des déchets à l'horizon 2034. Cette restructuration s'inscrit dans la continuité des orientations royales visant à améliorer la qualité des services publics et le cadre de vie des citoyens.
Pourquoi le Maroc réorganise-t-il la gestion déléguée de la propreté?
Face à la complexité technique et aux coûts croissants du secteur de la propreté, les collectivités territoriales marocaines privilégient massivement le recours au secteur privé. Cette externalisation s'est imposée comme un levier stratégique pour moderniser les services publics. Répondant à une question écrite du parlementaire Driss Sentissi à la Chambre des représentants, le ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit, a dressé un bilan nuancé de ce mode de gestion. Si les avancées sont réelles, des fragilités structurelles persistent.
Sur le plan des réalisations, le bilan chiffré témoigne d'un dynamisme certain. Les investissements globaux injectés dans la filière s'élèvent à 3,91 milliards de dirhams. Cet apport de capitaux a permis d'optimiser le service aux citoyens. Le taux de couverture de la collecte et du balayage atteint désormais 96% à l'échelle nationale, tandis que le taux d'enfouissement contrôlé s'établit à 63%. Sur le plan socio-économique, l'externalisation joue un rôle majeur en garantissant la création de 27 509 emplois permanents.
Néanmoins, cette transition vers le privé révèle des lacunes opérationnelles. Le ministre de l'Intérieur a souligné que plusieurs insuffisances freinent l'atteinte des objectifs optimaux. L'incapacité financière de certaines communes à supporter le coût de la gestion déléguée constitue le principal point de blocage. À cela s'ajoutent un manque de compétences locales pour le suivi technique, des défaillances dans le contrôle des opérateurs et une mauvaise interprétation des clauses contractuelles.
Quelles mesures correctives le ministère de l'Intérieur applique-t-il?
Pour corriger ces dérives et intégrer les directives de la Cour des comptes, l'autorité de tutelle déploie une série de mesures structurelles. Le ministère de l'Intérieur a procédé à la refonte des contrats-types afin de clarifier les obligations financières et techniques de chaque signataire. Désormais, la réalisation d'études de faisabilité technique et financière en amont de toute délégation est obligatoire.
Par ailleurs, des circulaires ministérielles ont été diffusées pour harmoniser les relations entre les communes et les entreprises. Des outils d'évaluation, comme des tableaux de bord et des indicateurs de performance, sont mis en place pour professionnaliser la gouvernance locale. La transparence est également renforcée par l'obligation de publier les contrats et par la création de services de contrôle permanents.
Comment le plan de 27,6 milliards de dirhams transforme-t-il le secteur à l'horizon 2034?
Cette restructuration s'accompagne d'une planification budgétaire d'envergure. En marge des Assises nationales de la régionalisation avancée, une convention-cadre a été signée pour mobiliser une enveloppe globale de 27,6 milliards de dirhams. Le budget de l'État, via le ministère de l'Intérieur, soutient ce plan à hauteur de 2,25 milliards de dirhams. Ce financement ambitieux illustre l'engagement de l'État à consolider les projets royaux liés à la régionalisation et à l'amélioration du cadre de vie.
Ce plan national ambitionne le financement et la réalisation de 51 projets de centres d'enfouissement technique et de valorisation à l'horizon 2034. Parallèlement, un chantier de réhabilitation touchera près de 270 décharges sauvages répertoriées à travers le pays.
En parfaite synergie, le Programme national de valorisation des déchets ménagers pour la période 2023-2034 fixe des objectifs environnementaux précis. Il vise une couverture totale de collecte de 100% en zone urbaine et porte le taux de valorisation des déchets à 25% pour réduire la saturation des centres d'enfouissement. Ce programme sectoriel prévoit un investissement de 21,14 milliards de dirhams. Dans le détail, 9,69 milliards de dirhams seront alloués aux infrastructures de traitement, 9,5 milliards de dirhams financeront les opérations de collecte et de balayage, et 1,2 milliard de dirhams permettra l'acquisition de matériels modernes. La réhabilitation des sites pollués bénéficiera de 695 millions de dirhams, tandis que 60 millions de dirhams seront dédiés à l'assistance technique des collectivités.
Quel est le bilan social de la gestion déléguée des déchets au Maroc?
La gestion déléguée des déchets au Maroc a généré la création de 27 509 emplois permanents. Les investissements privés cumulés dans la filière atteignent 3,91 milliards de dirhams, contribuant directement à l'amélioration du service public et à la stabilité sociale locale.
Quels sont les objectifs du Programme national de valorisation des déchets ménagers 2023-2034?
Le Programme national de valorisation des déchets ménagers vise une couverture de collecte de 100% en zone urbaine et un taux de valorisation des déchets de 25% d'ici 2034. Doté d'un budget de 21,14 milliards de dirhams, il finance la construction d'infrastructures de traitement, la collecte quotidienne, l'acquisition d'équipements et la réhabilitation des décharges sauvages.