Santé au Maroc : six nouveaux Groupements sanitaires territoriaux en septembre
Le Maroc franchit une étape décisive dans la modernisation de son système de santé avec le déploiement accéléré des Groupements sanitaires territoriaux (GST). Ce chantier, qui s’inscrit dans le cadre du projet royal de généralisation de la protection sociale, vise à rapprocher les soins des citoyens et à renforcer l’efficacité de la gestion sanitaire à l’échelle régionale.
Une extension progressive du réseau
Depuis le début du mois d’août 2026, trois nouveaux GST sont entrés en fonction dans les régions de Rabat-Salé-Kénitra, Souss-Massa et Laâyoune-Sakia El Hamra. Cette première vague d’extension marque le début d’un processus d’autonomisation et de territorialisation des soins, initié il y a plus d’un an par une phase pilote dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma.
Le mois de septembre verra l’arrivée de six autres groupements, couvrant les régions de Casablanca-Settat, Fès-Meknès, Khénifra-Béni Mellal, Marrakech-Safi, Drâa-Tafilalet et Guelmim-Oued Noun. À terme, ce sont douze GST qui couvriront l’ensemble du Royaume, offrant une structure de proximité moderne et homogène.
Une réforme fondée sur la loi-cadre n° 08.22
Cette réorganisation s’appuie sur la loi-cadre n° 08.22, qui octroie aux GST une personnalité morale ainsi qu’une autonomie financière et de gestion élargie. Il s’agit d’une rupture claire avec l’ancien schéma centralisé, jugé rigide et parfois déconnecté des réalités du terrain. Les GST intègrent désormais l’ensemble des établissements publics de santé de leur périmètre, à l’exception des structures militaires, des établissements privés et des bureaux communaux d’hygiène.
Leurs prérogatives incluent la gestion directe des hôpitaux, la conduite de programmes de formation continue, l’impulsion de la recherche scientifique et médicale, ainsi que le suivi des politiques publiques de santé au niveau régional.
Une gouvernance renouvelée pour plus d’efficacité
L’esprit de cette réforme repose sur une gouvernance renouvelée, axée sur l’efficacité. En dotant les décideurs régionaux de compétences plus larges dans l’allocation des ressources financières et la gestion du capital humain, l’État entend favoriser des décisions rapides, adaptées aux spécificités démographiques et épidémiologiques de chaque région.
L’optimisation de la carte sanitaire, le renforcement de la synergie entre soins primaires et centres hospitaliers, ainsi que la rationalisation des équipements doivent permettre de réduire les disparités régionales. La finalité ultime réside dans l’amélioration de l’accueil, de la prise en charge et de la qualité des soins dispensés aux usagers.
Des ajustements nécessaires pour une transition réussie
La généralisation de ce dispositif s’accompagne d’ajustements, comme l’a révélé le bilan de la région pilote de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Des hésitations sur le partage des attributions entre les directions centrales du ministère et les instances régionales ont été constatées, ainsi que des retards dans la rédaction de certains textes d’application, notamment sur le statut des professionnels de la santé, les régimes d’indemnités et la mobilité.
La réussite globale de cette refonte dépendra de la capacité du ministère à résoudre rapidement ces dossiers réglementaires et humains, afin de garantir une transition sereine et de remporter le pari d’un système de santé réactif, équitable et performant.
Quels sont les objectifs des Groupements sanitaires territoriaux ?
Les GST visent à décentraliser la gestion de la santé, à rapprocher les soins des citoyens et à réduire les disparités régionales, en s’appuyant sur une autonomie financière et de gestion.
Quand les nouveaux GST seront-ils opérationnels ?
Trois GST ont été mis en service en août 2026, et six autres rejoindront le réseau en septembre 2026, couvrant progressivement l’ensemble des douze régions du Maroc.
Quels défis restent à relever ?
Les principaux défis concernent la clarification des attributions entre le ministère et les régions, ainsi que la finalisation des textes d’application relatifs au statut des professionnels de santé.