Grève des avocats prolongée : le dialogue renvoyé au prochain gouvernement
L'Association nationale des barreaux du Maroc (ABM) a décidé, à l'unanimité, ce jeudi à Rabat, de prolonger la grève illimitée observée depuis quatre mois pour dénoncer la loi controversée relative à l'organisation de la profession d'avocat. Cette décision intervient alors que le Royaume s'apprête à vivre une échéance électorale majeure, le 23 septembre prochain.
L'ABM a également fixé au 20 septembre une nouvelle réunion de son bureau exécutif afin d'évaluer la situation et de décider des prochaines étapes de son mouvement de protestation. Cette annonce a été faite lors d'une conférence de presse à Rabat, en présence des bâtonniers de Rabat, Aziz Rouibah, et de Casablanca, Mohammed Hissi.
Les motifs de la colère des avocats
Lahcen Ziani, président de l'ABM, est revenu sur les causes de cette grève, qu'il lie aux atteintes portées, selon lui, à l'indépendance des avocats par le gouvernement actuel et, au premier chef, par le ministère de tutelle. Le président de l'Association, qui regroupe les 17 barreaux du Maroc, a exprimé son pessimisme quant à la possibilité de trouver une issue à cette crise avec le gouvernement sortant.
« Nous espérons parvenir à une solution avec le futur gouvernement issu des élections du 23 septembre prochain », a souligné Lahcen Ziani.
La responsabilité du gouvernement engagée
S'agissant des préjudices causés aux citoyens, notamment la paralysie des tribunaux et le maintien de plusieurs personnes en détention préventive en raison du report de leurs procès, le président de l'ABM en a imputé la responsabilité au gouvernement, qu'il accuse d'avoir usé de « la ruse pour valider son projet de loi ».
« Nous faisons partie des citoyens et ceux-ci doivent comprendre que c'est le gouvernement qui est à l'origine de la crise », a déclaré, pour sa part, le bâtonnier Aziz Rouibah.
Une profession unie autour des piliers de la nation
Le bâtonnier de Rabat a réaffirmé la position de l'ABM concernant son attachement aux fondements de la nation. « Les trois piliers de la nation, Dieu, la Patrie et le Roi, sont une ligne rouge à ne pas dépasser », a insisté l'Association, en faisant référence à « des parties étrangères qui veulent exploiter notre crise à des fins inavouées ».
Réagissant à l'attitude de certains avocats de Casablanca qui ont interrompu la grève et repris le travail cette semaine dans les tribunaux, l'ABM a écarté l'idée d'une désunion ou d'une division au sein de la profession. « Il s'agit de cas d'individus isolés », a répondu le président de l'Association, tout en reconnaissant que la prolongation de la grève a eu un impact « moralement et matériellement » sur ses membres, qui affirment se battre pour « la dignité du métier ».
Quelles perspectives pour les justiciables ?
En prolongeant leur grève illimitée, les avocats maintiennent le bras de fer avec le gouvernement autour de la loi sur l'organisation de leur profession. Mais cette nouvelle étape prolonge aussi la paralysie des tribunaux et la souffrance des justiciables, que l'ABM appelle désormais à comprendre les raisons d'un mouvement dont l'issue semble renvoyée au prochain gouvernement.
FAQ : questions fréquentes sur la grève des avocats
Quelle est la durée de la grève des avocats au Maroc ?
La grève illimitée des avocats marocains dure depuis quatre mois. Elle a été prolongée à l'unanimité par l'Association nationale des barreaux du Maroc lors d'une réunion tenue jeudi à Rabat.
Quelles sont les revendications des avocats ?
Les avocats dénoncent la loi controversée relative à l'organisation de leur profession, qu'ils estiment porter atteinte à leur indépendance. Ils réclament un dialogue avec le gouvernement pour trouver une solution à la crise.
Quel est l'impact de cette grève sur les citoyens ?
La grève entraîne la paralysie des tribunaux et le report de nombreux procès, ce qui maintient plusieurs personnes en détention préventive. L'ABM appelle les citoyens à comprendre que le gouvernement est à l'origine de la crise.