L'Iran et les États-Unis se préparent à de nouvelles négociations sur le dossier nucléaire
Le président iranien Masoud Pezeshkian a annoncé sur X sa disposition à engager des négociations avec Washington concernant le programme nucléaire de son pays, sous réserve d'un "environnement approprié, sans menaces ni demandes déraisonnables".
Cette ouverture diplomatique intervient après que le président américain Donald Trump s'est dit confiant quant à la possibilité de conclure un accord, marquant un changement de ton après plusieurs jours d'échanges tendus entre les deux nations.
Une médiation régionale active
Selon une source arabe informée du dossier, ces discussions cruciales devraient se tenir le 6 février en Turquie, grâce à la médiation de plusieurs pays de la région, notamment l'Égypte, le Qatar, Oman et la Turquie.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi représenterait Téhéran face à Steve Witkoff, l'émissaire spécial de Donald Trump, selon les informations rapportées par le site américain Axios et l'agence iranienne Tasnim.
"Les pays de la région servent de médiateurs pour l'échange de messages", a confirmé Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, soulignant l'importance du rôle joué par l'Égypte, l'Arabie saoudite, la Turquie et la Jordanie dans ce processus.
Des enjeux complexes à résoudre
Les négociations précédentes, menées au printemps 2025, avaient échoué notamment sur la question de l'enrichissement d'uranium. Téhéran refuse d'y renoncer totalement, défendant son droit à disposer d'une filière nucléaire civile conformément au Traité de non-prolifération nucléaire.
"Le président Trump dit 'pas d'armes nucléaires' et nous sommes tout à fait d'accord avec ce point. Bien sûr, en contrepartie, nous attendons une levée des sanctions", a déclaré Abbas Araghchi sur CNN, estimant qu'un accord demeure possible.
L'Iran avait signé en 2015 un accord international encadrant ses activités nucléaires, mais celui-ci était devenu caduc après le retrait unilatéral des États-Unis ordonné par Donald Trump en 2018 lors de son premier mandat.
Un contexte intérieur tendu
Ces négociations interviennent dans un contexte de tensions intérieures en Iran, où la répression d'un mouvement de contestation s'est intensifiée depuis début janvier. Les autorités font face à des manifestations déclenchées initialement par des protestations contre le coût de la vie.
Malgré ces défis, la diplomatie régionale semble jouer un rôle constructif pour faciliter le dialogue entre Washington et Téhéran, deux pays qui n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis quatre décennies.