L'Iran accentue la répression interne parallèlement aux tractations diplomatiques
Alors que les discussions diplomatiques se poursuivent avec les États-Unis, la République islamique d'Iran intensifie la répression à l'intérieur de ses frontières, illustrant la complexité des enjeux géopolitiques régionaux.
Nouvelles arrestations dans le camp réformateur
Cinq figures importantes de la coalition du Front des réformateurs ont été interpellées depuis dimanche, notamment sa cheffe Azar Mansouri, son porte-parole Javad Emam et l'ancien député Ali Shakouri Rad. Ces arrestations interviennent dans un contexte de tensions internes croissantes.
Le camp réformateur, qui avait largement soutenu le président Massoud Pezeshkian lors de la campagne présidentielle de 2024, a pris ses distances après les manifestations de fin décembre contre la situation économique.
Condamnation de la prix Nobel de la paix
Narges Mohammadi, lauréate du Nobel de la paix en 2023, a été condamnée samedi à de la prison ferme pour "rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes" et "activités de propagande". Cette militante, emprisonnée à plusieurs reprises ces 25 dernières années, continue son combat contre la peine de mort et le code vestimentaire strict imposé aux femmes.
Ouverture diplomatique malgré les tensions
Paradoxalement, l'Iran maintient la voie diplomatique ouverte. Face aux inquiétudes sur son programme nucléaire, Téhéran s'est dit disposé lundi à une possible "dilution" de son stock d'uranium hautement enrichi, conditionnée à la levée de "toutes les sanctions" internationales.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a qualifié les pourparlers repris vendredi à Oman de "bon début" lors d'entretiens avec ses homologues de Turquie, d'Égypte et d'Arabie saoudite, tout en maintenant une "méfiance profonde" envers Washington.
Appel à la résilience du guide suprême
L'ayatollah Ali Khamenei a appelé ses compatriotes à faire preuve de "résilience" à l'occasion de l'anniversaire de la Révolution islamique de 1979. "La puissance d'une nation ne réside pas tant dans ses missiles et ses avions que dans la volonté et la résilience de son peuple", a-t-il souligné.
Enjeux nucléaires au cœur des négociations
L'Iran n'accepte de discuter que de son programme nucléaire, revendiquant son droit à enrichir l'uranium à des fins civiles. Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Eslami, a confirmé que la dilution du stock d'uranium enrichi à 60% dépendait de la levée complète des sanctions.
Ces développements s'inscrivent dans un contexte géopolitique complexe où les équilibres régionaux continuent d'évoluer, nécessitant une approche diplomatique nuancée de la part de la communauté internationale.