La coopération sécuritaire entre le Maroc et la Suède a franchi une nouvelle étape avec l'arrestation, le 13 octobre, d'un ressortissant suédois de 21 ans à Agadir. Recherché au niveau international pour des condamnations liées à des projets de meurtre et à un trafic de stupéfiants, l'homme devait purger une peine de trois ans et demi de prison prononcée en février par la Cour suprême suédoise.
L'opération, révélée par la télévision publique suédoise SVT le jeudi 15 octobre, a mobilisé la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST). Selon les informations relayées par le360.ma, il s'agit de la cinquième arrestation d'un fugitif suédois au Maroc en l'espace d'un mois, un rythme qui témoigne de la montée en puissance du partenariat entre Rabat et Stockholm.
Une coopération saluée par Stockholm
La commissaire nationale de la police suédoise, Petra Lundh, a remercié les services de sécurité marocains pour leur coopération. Le suspect, qui ne s'était pas présenté pour purger sa peine après sa condamnation, faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international. Son transfert vers la Suède est coordonné par le Département des opérations nationales (NOA) de la police suédoise.
Cette interpellation s'inscrit dans le cadre de l'accord de coopération signé en avril à Stockholm par Abdellatif Hammouchi, directeur général de la DGSN et de la DGST, et Petra Lundh. Le texte fixe trois priorités claires : la lutte contre les acteurs criminels opérant au Maroc ou depuis le Royaume, la lutte contre la collaboration entre criminels des deux pays, ainsi que la lutte contre la criminalité organisée transfrontalière et la cybercriminalité relevant du « crime en tant que service ».
Des résultats concrets depuis avril
Les résultats se sont enchaînés depuis la signature de cet accord. Le 4 septembre, la police suédoise a salué dans un communiqué l'extradition par le Maroc de deux Suédois, âgés de 28 et 42 ans, soupçonnés d'être impliqués dans d'importants réseaux de trafic de stupéfiants. Le premier, présenté comme le chef d'un réseau approvisionnant les principaux groupes criminels de Suède et des pays nordiques, avait été arrêté le 30 mars à l'aéroport de Tanger, sous le coup d'une notice rouge d'Interpol.
« Nous avons assisté à plusieurs extraditions de dangereux criminels suédois du Maroc », déclarait alors Jonas Hemmar, chef adjoint de l'unité internationale du NOA. Il tenait à « exprimer notre reconnaissance pour la coopération professionnelle et constructive avec la police marocaine ».
Le même communiqué faisait état de l'arrestation récente de deux autres Suédois au Maroc. L'un était lié à un réseau criminel de l'ouest de la Suède et recherché pour des infractions graves en matière de stupéfiants et d'armes. L'autre, âgé de 28 ans, s'était soustrait à l'exécution d'une peine pour agression aggravée sur une femme.
Le 17 septembre, un autre ressortissant suédois, recherché par Interpol pour son implication présumée dans plusieurs affaires de criminalité violente, a été interpellé au Maroc. Petra Lundh avait alors souligné l'efficacité des échanges avec la DGSN et évoqué des contacts étroits et réguliers avec son directeur général, qui ont selon elle consolidé la coordination entre les deux services.
Un modèle de diplomatie sécuritaire
Cette séquence illustre la stratégie marocaine de coopération internationale en matière de sécurité, portée par la DGSN et la DGST. Sous la conduite du roi Mohammed VI, le Royaume consolide sa position de partenaire fiable dans la lutte contre la criminalité transnationale, un axe central de sa diplomatie. L'accord d'avril avec Stockholm s'ajoute à une série de partenariats similaires conclus avec des pays européens et africains, renforçant le rôle du Maroc comme acteur incontournable de la sécurité régionale.
Pour les autorités suédoises, la coopération avec Rabat répond à un défi intérieur majeur : la présence sur le territoire marocain de fugitifs liés à des réseaux criminels violents. Les arrestations successives, rendues possibles par l'échange rapide d'informations entre les deux polices, montrent l'efficacité opérationnelle de ce dispositif.
Le Maroc, de son côté, tire de ces succès une reconnaissance internationale qui dépasse le seul cadre sécuritaire. La mise en avant de cette coopération par SVT, média public suédois, participe au rayonnement de l'image du Royaume et de ses institutions. Elle intervient dans un contexte où le Maroc multiplie les signaux d'une diplomatie active, comme en témoigne la résolution 2797 sur le Sahara, saluée comme un tournant historique par Omar Hilale.
Agadir, un point de convergence
L'arrestation du 13 octobre à Agadir rappelle que les villes marocaines sont devenues des points de passage surveillés pour les réseaux criminels internationaux. La coopération entre la DGSN et la police suédoise a permis de localiser et d'interpeller un individu qui se soustrayait à la justice depuis des mois. Le suspect, condamné notamment pour instigation d'assassinat, était activement recherché par les autorités suédoises.
Le transfert vers la Suède, coordonné par le NOA, devrait intervenir dans les prochains jours. Cette cinquième arrestation en un mois confirme la dynamique engagée et la confiance mutuelle entre les deux pays. Elle envoie également un message clair aux réseaux criminels : le Maroc n'est pas un refuge.
Questions fréquentes
Qui a été arrêté à Agadir le 13 octobre ?
Un ressortissant suédois de 21 ans, condamné en février par la Cour suprême suédoise à trois ans et demi de prison pour instigation d'assassinat et trafic de stupéfiants. Il était recherché pour purger sa peine.
Quel est le bilan des arrestations de Suédois au Maroc ?
Il s'agit de la cinquième arrestation en un mois, selon la commissaire nationale de la police suédoise, Petra Lundh. Plusieurs extraditions ont également eu lieu, dont celle de deux hommes en septembre.
Quel accord encadre cette coopération ?
L'accord signé en avril à Stockholm par Abdellatif Hammouchi, directeur général de la DGSN et de la DGST, et Petra Lundh. Il porte sur la lutte contre les criminels opérant au Maroc, la collaboration entre criminels des deux pays et la criminalité transfrontalière.
