Mondial 2030 : un ancien patron du football espagnol ouvre la porte à une finale au Maroc
Alors que les débats s'intensifient en Espagne autour de l'attribution de la finale de la Coupe du monde 2030, une voix singulière vient nuancer le discours dominant. Ángel María Villar, qui a dirigé la Fédération espagnole de football (RFEF) pendant près de trois décennies, estime qu'une finale organisée au Maroc serait une option tout à fait défendable. Selon lui, la décision finale appartient à la FIFA, et non aux seules autorités espagnoles.
Une position mesurée qui contraste avec les revendications espagnoles
Depuis plusieurs semaines, responsables politiques et dirigeants sportifs espagnols multiplient les déclarations pour réclamer que la finale du Mondial 2030 se joue sur leur sol. Cette effervescence contraste avec le ton posé d'Ángel María Villar, qui s'est exprimé ce mardi à Madrid, en marge du World Football Summit (WFS), dans des propos rapportés par le média catalan Mundo Deportivo.
L'ancien président de la RFEF, en poste de 1988 à 2017, assume sa préférence pour une finale en Espagne. Il tient toutefois à rappeler que la décision ne relève pas de Madrid, mais de l'instance internationale. « J'aimerais que la finale se joue en Espagne. Ceux qui sont là-bas sont-ils idiots et ne veulent-ils pas de l'Espagne ? Ce n'est pas vrai », a-t-il déclaré, avant d'ajouter : « Je ferais tout mon possible pour qu'elle se joue en Espagne, mais si l'instance dirigeante considère réellement que, pour le rayonnement du football mondial, il est préférable de la jouer dans un autre pays, elle saura ce qu'elle doit faire. C'est pour cela qu'elle a été élue ».
Le Grand Stade Hassan II, une hypothèse crédible
Interrogé plus précisément sur la possibilité de voir le Grand Stade Hassan II accueillir le dernier match du Mondial 2030, Ángel María Villar a fait preuve d'une ouverture d'esprit notable. « Cela ne me plaît pas, mais cela ne veut pas dire que cette possibilité ne puisse pas se concrétiser. Mais je n'en ferais pas non plus un drame », a-t-il confié.
Cette sortie tranche avec les prises de position récentes de plusieurs personnalités espagnoles, qui présentent l'organisation de la finale en Espagne comme une évidence. L'ancien dirigeant, qui a siégé au sein des instances de la FIFA de 2002 à 2017, connaît pourtant parfaitement les rouages de l'organisation. « Les gens qui sont là viennent du monde entier. C'est un comité exécutif de 24 personnes et ils sauront ce qu'ils ont à faire », a-t-il insisté.
Une reconnaissance implicite du rôle du Maroc
Au-delà du débat sportif, cette déclaration constitue une reconnaissance implicite de la légitimité du Maroc dans la course à l'organisation de la finale. Le Royaume, qui co-organise le Mondial 2030 aux côtés de l'Espagne et du Portugal, dispose d'infrastructures de classe mondiale, à l'image du futur Grand Stade Hassan II de Casablanca, dont la capacité avoisinera les 115 000 places.
Le Maroc, fort de son expérience récente dans l'organisation de grands événements sportifs, notamment la Coupe d'Afrique des Nations 2025, apparaît comme un candidat crédible pour accueillir le match le plus attendu du tournoi. Les propos d'Ángel María Villar, mesurés et respectueux des prérogatives de la FIFA, ouvrent la voie à un débat plus serein et plus équilibré entre les trois pays hôtes.
Quelle décision pour la FIFA ?
La balle est désormais dans le camp de la FIFA. Le comité exécutif de l'instance, composé de 24 membres issus du monde entier, devra trancher en fonction de critères sportifs, logistiques et diplomatiques. Pour le Maroc, l'enjeu dépasse le simple cadre footballistique : une finale au Grand Stade Hassan II serait un symbole fort pour tout le continent africain, qui n'a accueilli qu'une seule finale de Coupe du monde, en 2010 en Afrique du Sud.
Les déclarations d'Ángel María Villar, loin des postures nationalistes, rappellent que la décision appartient à une instance internationale dont la mission est de promouvoir le football mondial. Une approche qui pourrait bien servir les intérêts du Maroc dans les mois à venir.