Mondial 2030 : le Maroc porte l'ambition d'une finale africaine
Derrière la bataille pour l'organisation de la finale du Mondial 2030, le Maroc ne défend pas seulement son Grand Stade Hassan II face au Santiago Bernabéu et au Camp Nou. Il porte également une ambition continentale : ramener sur le sol africain le plus grand match du football mondial, vingt ans après l'unique finale de l'histoire du continent, disputée à Johannesburg en 2010. Face à une Europe qui en a accueilli de nombreuses, l'enjeu dépasse largement les frontières du Royaume.
Une compétition tripartite aux enjeux multiples
La Coupe du monde 2030, qui sera coorganisée par le Maroc, l'Espagne et le Portugal, suscite depuis plusieurs semaines de nombreuses prises de position de l'autre côté de la Méditerranée. Responsables politiques, ministres, présidents de fédérations et de ligues, et même entraîneurs multiplient les déclarations en faveur d'une finale disputée en Espagne.
Au Maroc, la retenue était de mise. Elle n'aura finalement pas résisté à la pression médiatique venue d'Europe. Par la voix du président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaa, le Royaume a exprimé son souhait d'accueillir la finale dans des conditions optimales.
Une portée symbolique pour tout un continent
Au-delà du duel entre les stades, se cache un enjeu de taille. Le Maroc défend la possibilité de voir une deuxième finale de Coupe du monde se jouer sur le sol africain, deux décennies après celle de Johannesburg. L'Europe, solidement installée dans l'histoire du football mondial, a déjà accueilli de nombreuses finales, dont celle de 1982 à Madrid. L'Afrique, elle, n'en a connu qu'une seule.
Une deuxième finale sur le continent, cette fois dans sa partie nord, aurait une portée symbolique considérable. Elle s'inscrirait pleinement dans la vision défendue par la FIFA ces dernières années : celle d'un football plus ouvert sur le monde, où les grandes compétitions ne sont plus l'apanage des pays historiquement habitués à les organiser.
Le Grand Stade Hassan II, une enceinte à la hauteur des ambitions
Le candidat marocain à l'accueil de la finale dispose d'arguments solides. À Benslimane, le Royaume érige le Grand Stade Hassan II, une enceinte de 115 000 places appelée à compter parmi les plus grands stades de football au monde. Le chantier avance dans la sérénité, loin du vacarme médiatique qui accompagne la bataille autour de la finale.
Le projet ne se résume pas aux tribunes. C'est tout un écosystème qui est pensé autour du stade : espaces adaptés aux besoins d'une compétition de cette dimension, transports, accès et gestion des flux de spectateurs. L'enceinte proposera également 2 533 sièges dans ses loges haut de gamme, contre 2 371 pour son homologue madrilène.
Une infrastructure pensée pour faire face aux aléas climatiques
Le Grand Stade Hassan II a été conçu pour faire face aux aléas climatiques susceptibles de survenir pendant la compétition. Un argument qui prend un relief particulier après les images du Camp Nou prenant l'eau lors de la rencontre entre le Barça et Feyenoord, pour la première soirée de Ligue des champions disputée dans l'enceinte rénovée. Le Santiago Bernabéu n'a pas davantage été épargné, avec des problèmes d'étanchéité pointés du doigt à plusieurs reprises lors de fortes pluies.
Une ambition qui dépasse le Mondial 2030
Si le Grand Stade Hassan II suscite autant d'intérêt de l'autre côté de la Méditerranée, c'est parce qu'il matérialise une ambition marocaine qui dépasse largement la compétition de 2030. Celle d'un pays qui entend peser davantage dans le football mondial, mais aussi celle d'un continent qui réclame une place à la hauteur de son poids dans ce sport.
Le Royaume, demi-finaliste du Mondial 2022, veut désormais s'installer durablement comme l'un des principaux hubs du football africain et mondial. L'ouverture du bureau africain de la FIFA à Rabat et l'implication de Fouzi Lekjaa dans les différents chantiers témoignent de cette dynamique. Dans cette logique, voir l'Afrique accueillir une deuxième finale de Coupe du monde, au Maroc, vingt ans après Johannesburg, aurait évidemment tout son sens.