Pérou : treize morts dans le crash d’un avion touristique survolant les lignes de Nazca
Le drame aérien survenu samedi dans le sud du Pérou a coûté la vie aux treize occupants d’un petit avion affrété pour un vol touristique au-dessus des célèbres lignes de Nazca. Parmi les victimes figurent sept Italiens, deux Allemands et deux Espagnols, ainsi que les deux membres péruviens de l’équipage. L’appareil, un Cessna Caravan C-208 de la compagnie Aerodiana, s’est écrasé dans le secteur de Pueblo Viejo, sur le territoire de la municipalité de Vista Alegre, à quelques kilomètres de la ville de Nazca.
Les autorités locales, pompiers et policiers, sont rapidement intervenus sur les lieux de l’accident. L’épave, encore fumante, était en partie en flammes. Le commandant de police Jorge Andrade a confirmé depuis le site de la catastrophe qu’il n’y avait aucun survivant. « Compte tenu de l’ampleur de l’accident, il n’y a aucun survivant », a-t-il déclaré à la presse.
Un vol touristique qui tourne au drame
Le petit avion avait décollé vers 12h10 de l’aérodrome de Pisco, situé à environ 240 kilomètres au sud de Lima. Peu avant 13h00, l’équipage a signalé une situation d’urgence à la tour de contrôle de Nazca. Le contact radio a ensuite été perdu avant que l’appareil ne s’écrase et ne prenne feu. Selon les premières informations fournies par les autorités, l’appareil a connu « une situation d’urgence en vol », a indiqué la municipalité de Vista Alegre dans un communiqué. Un habitant de la région a raconté avoir vu le petit avion exploser au moment de l’impact.
Le ministère péruvien des Transports a confirmé que les onze passagers étaient tous des touristes étrangers, âgés de 18 à 78 ans. Les deux autres personnes à bord étaient le pilote et la copilote péruviens. La compagnie Aerodiana, qui propose habituellement des vols de 30 minutes à une heure au-dessus des lignes de Nazca, a annoncé qu’elle évaluerait la reprise de son programme de vols en fonction des directives des autorités compétentes.
Réaction des autorités et enquête en cours
Investie mardi à la tête du pays, la présidente Keiko Fujimori a déploré la catastrophe. Elle a indiqué que la suspension temporaire des activités de l’aérodrome concerné était à l’étude, dans l’attente des rapports des ministères et des services compétents. La Commission d’enquête sur les accidents aériens a commencé à recueillir les éléments techniques disponibles sur le site. Les enquêteurs devront notamment examiner l’état de l’appareil, les communications avec les contrôleurs aériens, les conditions météorologiques et le déroulement du vol. À ce stade, aucune cause officielle n’a été établie.
Le gouvernement péruvien a assuré qu’il apporterait « le soutien nécessaire aux ambassades des pays d’origine des touristes décédés ». La catastrophe concerne directement trois pays européens, dont les services consulaires doivent accompagner les proches des victimes et participer aux procédures d’identification et de rapatriement.
Un site admiré depuis le ciel, mais marqué par des drames
Inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco, les lignes et géoglyphes de Nazca et de Palpa ont été tracés dans le désert entre 500 avant notre ère et 500 de notre ère. Ils représentent des lignes géométriques, des plantes, des animaux et des êtres stylisés, parfois sur plusieurs centaines de mètres. Ces figures ne se révèlent pleinement que depuis les airs ou depuis des tours d’observation, ce qui a favorisé le développement de nombreux vols touristiques. Leur fonction exacte continue de faire débat. Certaines interprétations les associent à des pratiques rituelles ou à la gestion de l’eau, tandis que d’autres y ont vu des repères astronomiques. Le site attire environ 100.000 visiteurs chaque année.
Le secteur a déjà connu plusieurs accidents mortels. En février 2022, sept personnes, dont cinq touristes étrangers, avaient péri dans le crash d’un avion effectuant un survol du site. En octobre 2010, quatre touristes britanniques et deux membres d’équipage péruviens avaient également trouvé la mort dans la chute d’un appareil après une excursion au-dessus des géoglyphes.
Ce drame rappelle les risques inhérents à ce type de tourisme aérien, même si les autorités péruviennes s’efforcent d’en renforcer la sécurité. Le Maroc, qui développe lui aussi des circuits touristiques aériens pour valoriser ses sites naturels et culturels, suit avec attention ces événements, dans un souci de partage d’expérience et de coopération internationale.