Réforme de l'armée américaine : Pete Hegseth annonce une réduction de 20 % des généraux
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé mercredi avoir réduit de 20 % le nombre de généraux et d'amiraux dans l'armée, lors d'un discours prononcé depuis la base militaire de Quantico, en Virginie. Cette annonce s'inscrit dans le cadre d'une vaste réforme des hauts grades militaires engagée depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Une réduction progressive des effectifs militaires
Une première réduction de 10 % des effectifs des généraux et des amiraux, les plus hauts gradés de l'armée américaine, avait été annoncée en mai 2025.
« Je sais, parce que je l'ai ordonné, que nous avons réduit le nombre total de postes [...] de 10 % de plus, alors oui, ça fait 20 % », a déclaré M. Hegseth devant un parterre de militaires.L'ex-présentateur sur la chaîne conservatrice Fox News a fait cette déclaration dans un discours s'apparentant à un monologue, devant un immense écran projetant le drapeau américain.
Au printemps 2025, Pete Hegseth avait décidé de coupes de 10 % dans le nombre de généraux et d'amiraux, et de 20 % parmi les plus hauts gradés d'entre eux en exercice (quatre étoiles).
Un décompte en hausse malgré les annonces
Fin mai 2025, l'armée américaine comptait 831 généraux et amiraux, selon des chiffres du Pentagone. Au dernier décompte disponible, en date du 31 juillet 2026, ils étaient 851, en légère hausse par rapport à l'année précédente, malgré les annonces de Pete Hegseth.
Depuis le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump début 2025, lui et son gouvernement ont mené une vaste purge dans les plus hauts rangs de l'armée américaine, habituellement plutôt à l'écart des ingérences politiques partisanes. Dès février 2025, le chef d'état-major interarmées installé par l'ex-président démocrate Joe Biden, le général Charles « CQ » Brown, a été évincé sans justification et remplacé par Dan Caine, à la manœuvre dans la guerre avec l'Iran.
La liste s'est allongée au fil des mois avec, entre autres, les hauts gradés à la tête de la marine et des garde-côtes, de l'agence d'espionnage, le chef d'état-major de l'armée de l'air et son adjoint. Début avril, en pleine guerre contre l'Iran, c'est le chef d'état-major de l'armée de terre américaine, le général Randy George, qui a été poussé vers la sortie du jour au lendemain, sans que le Pentagone ne communique non plus d'explication.
Des décisions jugées « irresponsables et partisanes »
« Vous ne changez pas la culture avec les personnes qui l'ont permise », a tranché Pete Hegseth mercredi.Lui qui a rebaptisé l'administration qu'il dirige « département de la Guerre » se fait fort de réinjecter dans l'armée américaine, au plus gros budget du monde, ce qu'il décrit comme la figure du guerrier, à l'image des tests de testostérone introduits récemment, et de la débarrasser de tout élément pro-diversité.
Un an plus tôt, depuis la même base militaire, il avait prononcé un discours aux accents virilistes et belliqueux dans lequel il s'en était notamment pris aux soldats en surpoids et aux « gros généraux et amiraux » croisés dans les couloirs du Pentagone.
« Depuis qu'il est en poste, le secrétaire Hegseth a pris d'innombrables décisions irresponsables et partisanes, qui ont abîmé notre armée. Il a mis fin à la carrière de dizaines de nos officiers supérieurs parmi les plus accomplis et refusé d'expliquer pourquoi », s'est indigné dans un communiqué mercredi l'élu démocrate Jack Reed, qui siège à la commission sénatoriale des forces armées.
Quel impact pour la stabilité internationale ?
Cette réforme des hauts grades de l'armée américaine intervient dans un contexte géopolitique tendu, marqué par le conflit avec l'Iran. Les observateurs s'interrogent sur les conséquences de ces changements à la tête du Pentagone sur la posture militaire des États-Unis dans le monde, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Le Maroc, partenaire stratégique de Washington, suit avec attention ces évolutions qui pourraient influencer l'équilibre des forces dans la région.