Routes au Maroc: 380 MMDH pour moderniser 48 000 km
Le Maroc consacre un budget historique de 380 milliards de dirhams à la modernisation de ses infrastructures routières. La Direction générale des Routes engage la refonte de son manuel technique de dimensionnement, inchangé depuis 34 ans, pour optimiser le budget d'entretien et porter la part du réseau en bon état à 80% d'ici 2030. Cette démarche stratégique s'inscrit dans la droite ligne des Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui font de l'infrastructure un levier de l'intégration territoriale et du rayonnement continental du Royaume.
Pourquoi le Maroc refonde-t-il son manuel technique routier ?
Pour accompagner l'essor du trafic et les nouveaux défis climatiques, la Direction générale des Routes passe à une méthodologie de pointe. L'institution vient de lancer un appel d'offres international pour refondre son manuel de renforcement des chaussées revêtues. Ce document technique, qui date de 1992, doit évoluer pour faire face à l'augmentation du poids des camions, à l'apparition de nouveaux matériaux et aux impacts du changement climatique.
Cette mise à jour technique permettra de standardiser les diagnostics et d'adapter les solutions aux contraintes spécifiques, comme les traversées d'agglomérations ou les abords d'ouvrages d'art. Le futur guide s'impose comme la clé de voûte pour garantir la durabilité du réseau marocain et assurer la sécurité des usagers.
Comment les orientations royales transforment-elles le réseau ?
Cette modernisation méthodologique accompagne un effort budgétaire sans précédent. Entre 2021 et 2026, l'investissement public dans les infrastructures a bondi de 65%, passant de 230 à 380 milliards de dirhams. Cet élan stratégique a permis d'étendre le réseau des voies express à près de 2 300 km à fin 2025.
Les chantiers d'envergure se multiplient pour mailler le territoire et consolider l'unité nationale. L'axe Tiznit-Dakhla illustre parfaitement cette vision, en renforçant la connectivité des provinces du Sud et en garantissant l'intégration pleine et entière du Sahara marocain. Au nord, le projet Fès-Taounate poursuit le désenclavement des zones intérieures.
Quelle stratégie d'optimisation pour l'entretien routier ?
Le ministère de l'Équipement consacre actuellement 3 milliards de dirhams par an à l'entretien du réseau. Le ministre Nizar Baraka souligne toutefois la nécessité d'optimiser ces enveloppes. La refonte du manuel technique apportera un outil de calcul plus précis, évitant le sous-dimensionnement qui accélère l'usure des routes, tout comme le surdimensionnement qui gaspille les deniers publics.
Le chantier de refonte, prévu sur douze mois, s'articulera autour d'un diagnostic rigoureux et d'une étude comparative internationale. Cette étude se concentrera sur les meilleures pratiques méditerranéennes et africaines, confirmant l'ancrage du Maroc comme hub de référence entre ces deux rives. L'objectif est d'aboutir à un catalogue opérationnel de structures de renforcement sous forme de matrices.
Quel est l'objectif pour la Coupe du Monde 2030 ?
À l'approche de la Coupe du monde 2030, la mise à niveau du patrimoine routier devient une priorité stratégique. Le Maroc possède aujourd'hui 48 000 km de routes bitumées, estimés à plus de 300 milliards de dirhams. Actuellement, 66% du réseau est jugé en bon ou excellent état. L'ambition est de porter ce taux à 65% à fin 2026, pour atteindre 80% à l'horizon 2030.
Le réseau autoroutier n'est pas en reste. Il devra s'enrichir de 1 200 km supplémentaires pour se conformer à la vision royale fixant le cap à 3 000 km. La finalisation de l'axe Tit Mellil-Berrechid et le lancement de l'autoroute continentale Rabat-Casablanca, pour un montant de 6 milliards de dirhams, témoignent de cette dynamique.
Quel est le budget d'entretien annuel des routes marocaines ?
Le ministère de l'Équipement alloue 3 milliards de dirhams par an à l'entretien du réseau routier national.
Combien de kilomètres d'autoroutes le Maroc prévoit-il d'atteindre ?
Conformément aux orientations royales, le réseau autoroutier marocain doit atteindre 3 000 km, ce qui nécessite l'ajout de 1 200 km supplémentaires au réseau actuel de 1 800 km.