Souveraineté économique et croissance productive : les clés du nouveau cap royal selon Badr Zaher Lazrak
Le discours du Trône prononcé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI le 29 juillet 2026 marque, selon l'économiste Badr Zaher Lazrak, un tournant décisif dans la trajectoire de développement du Royaume. Dans une analyse éclairante, le professeur à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Mohammedia décrypte les orientations royales et les priorités pour le prochain gouvernement.
Un cap royal clair pour la souveraineté nationale
Pour Badr Zaher Lazrak, le message royal trace une feuille de route ambitieuse, fondée sur le renforcement de la souveraineté nationale dans les secteurs stratégiques. « Le Royaume doit poursuivre la construction de sa souveraineté dans des domaines essentiels comme l'agriculture, la sécurité alimentaire, l'énergie, l'industrie ou encore les secteurs productifs. Cela suppose des politiques publiques plus ambitieuses, plus exigeantes et davantage orientées vers les résultats », explique-t-il.
Des performances économiques solides mais insuffisantes
L'économiste rappelle que le Maroc a enregistré des résultats économiques significatifs, avec une croissance de 4,9 % en 2025, portée par les industries automobile et aéronautique ainsi que par le tourisme. Ces performances témoignent, selon lui, de la pertinence des choix stratégiques opérés sous la conduite éclairée du Souverain. Toutefois, ces acquis demeurent insuffisants pour répondre aux défis structurels.
« La croissance doit désormais se traduire davantage par la création de richesse, d'emplois et de valeur ajoutée. Elle doit aussi permettre de réduire durablement le chômage, de corriger les disparités territoriales et d'améliorer l'efficacité des politiques publiques, notamment dans les secteurs de la santé et de l'éducation », souligne-t-il.
Vers une croissance productive et inclusive
Badr Zaher Lazrak estime que le discours royal ouvre une nouvelle phase du développement national. « Nous devons désormais passer à une deuxième étape et accélérer le rythme des réalisations. L'objectif est de construire une croissance plus productive, créatrice d'emplois et portée par l'investissement », affirme-t-il.
Cette dynamique devra bénéficier à l'ensemble des territoires. « Le développement ne peut plus être concentré sur quelques pôles. La croissance doit irriguer toutes les régions afin de renforcer les infrastructures, les services de santé, l'éducation et les conditions de vie des citoyens », poursuit-il.
Les priorités pour le prochain gouvernement
L'universitaire appelle le futur Exécutif, issu des élections législatives du 23 septembre 2026, à inscrire son action dans le prolongement des orientations royales. « Le futur gouvernement devra accélérer la mise en œuvre des grands chantiers structurants dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'industrie et de la souveraineté économique. Il lui appartiendra d'ouvrir un nouveau cycle de développement, fondé sur la consolidation des acquis et la poursuite des réformes engagées. Tout recul serait inacceptable », insiste-t-il.
FAQ : Ce qu'il faut retenir du discours du Trône selon Badr Zaher Lazrak
Quels sont les secteurs prioritaires pour la souveraineté économique ?
L'agriculture, la sécurité alimentaire, l'énergie, l'industrie et les secteurs productifs sont les domaines clés identifiés pour renforcer la souveraineté nationale.
Pourquoi la croissance actuelle est-elle jugée insuffisante ?
Malgré une croissance de 4,9 % en 2025, les défis du chômage, des disparités territoriales et de l'efficacité des politiques publiques dans la santé et l'éducation restent à relever.
Quel est le rôle du prochain gouvernement ?
Le futur Exécutif devra accélérer les réformes et les grands chantiers structurants, tout en consolidant les acquis pour ouvrir un nouveau cycle de développement.