La transformation de l'ancienne demeure de l'ex-ministre espagnol José Bono au cœur de la Médina de Tanger soulève des questions légitimes sur le respect des règles d'urbanisme et la préservation du patrimoine. Réalisés en 2023, alors que Mounir Laymouri était maire de la ville, ces travaux d'ampleur ont ajouté un étage supplémentaire à cet édifice historique, selon une revue de presse du quotidien Al Akhbar.
Une extension contestée dans un périmètre protégé
Acquis en 2021 par l'ancien ministre espagnol, ce bien immobilier, lié au peintre catalan Josep Tapiró, a fait l'objet de travaux majeurs durant l'année 2023. La superficie globale de la propriété est passée de 700 à plus de 1.800 mètres carrés, avec la fusion d'autres parcelles et l'élévation d'un niveau entier dans un secteur soumis à des restrictions strictes pour préserver son cachet historique.
La question de la légalité de cette extension se pose avec d'autant plus d'acuité que ce bâtiment est assujetti à des règles particulières de protection du patrimoine. L'obtention des autorisations requises auprès des services compétents fait l'objet de questionnements quant au respect des normes applicables aux monuments historiques.
Le rôle de la mairie de Tanger au centre des débats
L'implication de la municipalité de Tanger, sous la direction de Mounir Laymouri, constitue l'un des aspects les plus discutés de ce dossier. Les travaux d'extension et de réaménagement se sont déroulés en 2023, une période où M. Laymouri assumait pleinement ses fonctions après son élection en 2021, année précisément marquée par l'achat de la propriété par José Bono.
Cette concomitance des calendriers place la gestion municipale au cœur des discussions. De nombreux Tangérois s'interrogent sur la manière dont ces modifications architecturales ont pu être validées sans soulever de soupçons sur leur conformité réglementaire, indique Al Akhbar.
Une expansion qui modifie la configuration du quartier
Au-delà de l'adjonction d'un étage, le projet immobilier s'est accompagné d'une vaste réhabilitation et d'une extension géographique englobant des immeubles adjacents situés rue Charki. Cette expansion territoriale, qui modifie la configuration originelle de l'ensemble immobilier, suscite des inquiétudes chez les habitants quant à un possible contournement des réglementations locales en matière d'aménagement urbain.
La transformation de ce site, dont la valeur mémorielle est reconnue, en un logement privé de grande envergure démontre une modification profonde des usages du lieu, qui n'échappe pas aux prérogatives des autorités locales de contrôle.
Une dimension diplomatique et historique singulière
La sensibilité de ce dossier s'explique aussi par la dimension diplomatique et historique attachée à cette demeure tangéroise, autrefois atelier de Josep Tapiró dès 1876. Les médias espagnols ont relayé des épisodes d'utilisation de cette résidence pour des réceptions par des responsables diplomatiques, ce qui met en lumière l'imbrication entre divers intérêts privés étrangers et la gestion administrative locale.
Les Tangérois et les militants d'ONG locales souhaitent en savoir davantage sur les traitements différenciés qui pourraient prévaloir entre des investisseurs étrangers de renom et les habitants ordinaires, ces derniers étant soumis aux contraintes rigoureuses d'une réhabilitation dans la vieille ville.
FAQ
Qui est José Bono?
José Bono est un ancien ministre espagnol de la Défense, figure politique socialiste de premier plan, qui a acquis cette propriété historique de Tanger en 2021.
Quels sont les travaux réalisés dans cette résidence?
Les travaux ont consisté en l'ajout d'un étage supplémentaire, la fusion de parcelles voisines et une vaste réhabilitation, portant la superficie de 700 à plus de 1.800 mètres carrés.
Pourquoi ces travaux posent-ils problème?
Ils soulèvent des questions sur le respect des règles d'urbanisme dans un périmètre protégé de la Médina de Tanger, classée au patrimoine mondial, et sur la transparence des procédures d'autorisation.
