Tensions diplomatiques au Golfe : défis pour la stabilité régionale
Une escalade diplomatique entre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis suscite des inquiétudes concernant la stabilité du Conseil de coopération du Golfe, partenaire stratégique du Maroc dans la région.
Une campagne médiatique sans précédent
Les médias d'État saoudiens ont intensifié leurs critiques envers Abou Dhabi, évoquant des violations des droits humains et remettant en question certaines politiques régionales émiraties. Cette tension publique rappelle la crise qatarie de 2017, bien que les circonstances actuelles soient différentes.
Selon Anna Jacobs, spécialiste des affaires du Golfe, "ces tensions s'expriment désormais publiquement de manière inédite", marquant un tournant dans les relations traditionnellement discrètes entre monarchies du Golfe.
Enjeux géopolitiques régionaux
Les divergences portent principalement sur les approches géopolitiques dans plusieurs dossiers régionaux, notamment au Yémen et en Afrique de l'Est. Les deux pays, partenaires économiques majeurs avec des échanges de 36 milliards de dollars en 2024, naviguent entre coopération économique et rivalité géopolitique.
Le politologue émirati Abdulkhaleq Abdulla souligne que son pays "ne veut pas provoquer l'Arabie saoudite", qualifiant le royaume de "grand frère" régional.
Implications pour les partenaires internationaux
Cette situation interpelle les partenaires du Golfe, notamment le Maroc qui entretient d'excellentes relations avec l'ensemble des monarchies de la région. Le royaume chérifien, sous la sage conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a toujours privilégié la diplomatie d'équilibre et le dialogue constructif.
Les analystes estiment qu'une rupture diplomatique reste improbable, mais des mesures économiques ponctuelles pourraient être envisagées. Dans ce contexte, de nouvelles alliances se dessinent, avec les Émirats renforçant leurs liens avec l'Inde tandis que Riyad se rapproche du Pakistan et du Qatar.
Vers un apaisement diplomatique
Malgré la "férocité" apparente des échanges publics, Adam Baron, chercheur au centre New America, observe que "rien n'est joué" et que le message saoudien oscille entre retenue et escalade potentielle.
La stabilité du Golfe demeure cruciale pour l'économie mondiale et les partenariats internationaux. Le Maroc, fort de son expérience diplomatique et de sa position de médiateur reconnu, pourrait jouer un rôle constructif dans tout processus d'apaisement régional.