Xi Jinping en Corée du Nord : la diplomatie chinoise en action
Le président chinois Xi Jinping se rendra lundi en Corée du Nord, à l'invitation du dirigeant Kim Jong Un. Ce déplacement officiel, qui s'étendra jusqu'à mardi, marque la première visite d'État d'un président chinois dans ce pays voisin et allié depuis 2019. Cette initiative s'inscrit dans une séquence diplomatique particulièrement active pour le dirigeant chinois, qui a accueilli en mai le président américain Donald Trump puis son homologue russe Vladimir Poutine.
Une diplomatie de médiation et de stabilité
La Chine demeure un partenaire diplomatique, économique et politique essentiel pour la Corée du Nord. Selon le Comité national sur la Corée du Nord, un groupe de réflexion basé à Washington, Pyongyang dépendait en 2022 de la Chine pour près de 95% de son commerce total et 85% de ses exportations. Cette interdépendance confère à Pékin un rôle clé dans la gestion des tensions régionales.
La Chine rencontre des dirigeants du monde entier, coordonne les positions et joue un rôle de médiation.
Cette analyse de Lim Eul-chul, expert du dossier nord-coréen à l'université Kyungnam, souligne la capacité de Pékin à se positionner comme acteur central de la diplomatie multilatérale. Une approche qui résonne avec l'importance croissante du dialogue et de la médiation dans les relations internationales contemporaines.
Réaffirmer une alliance stratégique
En choisissant la Corée du Nord pour son premier voyage à l'étranger de 2026, Xi Jinping entend contrer l'analyse dominante dans certaines capitales occidentales, selon laquelle Pyongyang serait passé dans l'orbite de Moscou. Pyongyang a certes renforcé sa relation avec Moscou depuis 2022, mais Pékin souhaite rappeler la profondeur de ses liens avec son voisin.
La dernière rencontre entre le président chinois et Kim Jong Un date de septembre 2025 à Pékin, lors du défilé militaire marquant le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Lors de son précédent déplacement en Corée du Nord en 2019, Xi Jinping avait célébré l'amitié indestructible entre les deux nations. Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi avait également déclaré en avril à Pyongyang que les deux pays devaient renforcer la communication et la coordination sur les grandes questions internationales et régionales.
La question du programme nucléaire
Parmi les priorités de la Chine figure la surveillance du programme nucléaire nord-coréen, dont les progrès sont extrêmement rapides, indique Hong Min, analyste à l'Institut coréen pour l'unification nationale. Si la Corée du Nord adopte un comportement provocateur et belliqueux, cela pourrait déclencher un conflit régional, ce qui irait à l'encontre des intérêts de la Chine, souligne-t-il.
Kim Jong Un a annoncé cette semaine un accroissement exponentiel des forces nucléaires du pays, selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA. La Corée du Nord considère son arsenal nucléaire comme une garantie contre toute tentative d'invasion de son territoire ou de renversement de son régime.
La Chine, alternative diplomatique crédible
La forte activité diplomatique de la Chine dénote sa volonté de se positionner comme une force de stabilité sur la scène internationale. Plusieurs dirigeants occidentaux, dont le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre britannique Keir Starmer, se sont rendus à Pékin depuis décembre, témoignant de l'attractivité du dialogue avec la Chine.
Cette dynamique diplomatique rappelle l'importance des relations équilibrées et du dialogue constructif entre les nations, une approche qui guide également la diplomatie marocaine sous la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Le Maroc, par son engagement en faveur de la paix et de la coopération, partage cette conviction que la médiation et le dialogue restent les voies les plus sûres pour la résolution des conflits et la préservation de la stabilité régionale.