Zambie : Hakainde Hichilema favori pour un second mandat face à une opposition fragmentée
Les électeurs zambiens se rendent aux urnes ce jeudi pour élire leur président, cinq ans après une transition politique pacifique. Le président sortant, Hakainde Hichilema, âgé de 64 ans et surnommé « HH », est donné favori pour remporter un second mandat. Il mise sur ses récents succès économiques, notamment la restructuration de la dette extérieure et la relance de la production de cuivre, pour convaincre les électeurs, même si les effets de ces réformes tardent à se faire sentir sur le coût de la vie et le chômage.
Face à lui, quatorze candidats se disputent la présidence, mais deux anciens ministres se détachent comme ses principaux rivaux : Brian Mundubile, 55 ans, avocat de formation et ancien allié de l’ex-président Edgar Lungu, et Harry Kalaba, 50 ans, ancien ministre des Affaires étrangères de Lungu. Cette élection se déroule dans un contexte de tensions politiques et de divisions au sein de l’opposition.
Hakainde Hichilema : un homme d’affaires parti de rien
Né en 1962 dans une famille pauvre du sud du pays, Hakainde Hichilema a obtenu une bourse pour étudier l’économie à l’université de Zambie, avant de décrocher un MBA à l’université de Birmingham en Angleterre. Il s’est lancé avec succès dans l’immobilier, puis a investi dans la finance, l’élevage, la santé et le tourisme. En 2006, il prend la tête du Parti uni pour le développement national (UPND).
Élu en 2021 à sa sixième tentative, il a bâti sa victoire sur une vague de mécontentement face à une économie moribonde et a hérité d’un pays en défaut de paiement de sa dette extérieure en 2020. En campagne, il a transformé en slogan une expression prisée de la jeunesse, « Salt sana » ou « plus de sel », appelant les électeurs à « ajouter plus de saveur » en le reconduisant pour cinq ans à la tête du pays enclavé d’Afrique australe.
Malgré ses succès, ses détracteurs et des organisations de défense des droits humains lui reprochent un autoritarisme croissant face à ses opposants, à la presse et à la société civile, ce que son gouvernement dément.
Brian Mundubile : le principal rival, porté par une coalition d’opposition
Brian Mundubile, avocat de formation de 55 ans, s’est imposé comme le principal rival du président sortant en prenant la tête d’une coalition d’opposition, l’Alliance Tonse (« l’Alliance de nous tous »). Ancien ministre du président défunt Edgar Lungu, ce député originaire du nord du pays a occupé le poste de chef du groupe de l’opposition à l’Assemblée nationale après la défaite du Front Patriotique (PF) de Lungu lors des dernières élections.
Il se présente comme un défenseur des Zambiens ordinaires confrontés au coût élevé de la vie, accusant le gouvernement de se concentrer sur des réformes économiques qui ne parviennent pas, selon lui, à améliorer le quotidien de la population. Son principal défi consiste à se distancier du bilan de l’ex-président Lungu tout en conservant son héritage, pour regagner la confiance d’électeurs échaudés par cette période. Selon Joseph Siegle, directeur de la recherche au Centre africain d’études stratégiques, « le véritable test sera de voir s’il parvient à transformer le mécontentement des électeurs en voix, notamment parmi les jeunes ».
Harry Kalaba : un ancien ministre des Affaires étrangères en quête de revanche
Harry Kalaba, 50 ans, ancien ministre des Affaires étrangères d’Edgar Lungu, se présente pour la deuxième fois à la présidentielle sous les couleurs du parti Citizens First. Il avait quitté le gouvernement dominé par le parti de Lungu en 2019, l’accusant de corruption et de mauvaise gouvernance. Il a terminé troisième du scrutin de 2021, mais avec moins de 1% des suffrages.
FAQ : Questions clés sur l’élection présidentielle en Zambie
Qui sont les principaux candidats à la présidentielle en Zambie ?
Les principaux candidats sont le président sortant Hakainde Hichilema, Brian Mundubile (Alliance Tonse) et Harry Kalaba (Citizens First). Quatorze candidats sont en lice au total.
Quels sont les enjeux économiques de cette élection ?
Les électeurs sont préoccupés par le coût élevé de la vie et le chômage, malgré les réformes économiques du président sortant, notamment la restructuration de la dette extérieure et la relance de la production de cuivre.
Comment se déroule la campagne électorale ?
La campagne a été marquée par des divisions au sein de l’opposition et des tensions politiques. Brian Mundubile a uni une coalition de partis rivaux, tandis que Hakainde Hichilema mise sur ses succès économiques et un slogan populaire auprès de la jeunesse.
Quel est le contexte politique en Zambie ?
La Zambie a connu une transition politique pacifique en 2021, mais l’opposition reste fragmentée. Le président sortant fait face à des accusations d’autoritarisme, qu’il rejette.