L'Arabie saoudite a annoncé mercredi la mort de trois ressortissants étrangers dans des attaques houthies contre ses aéroports, alors que le royaume intensifie sa riposte au Yémen. La coalition militaire saoudienne a affirmé avoir détruit 82 cibles militaires légitimes en représailles, tandis que le conflit a provoqué plus de 200.000 déplacés dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabique.
Que s'est-il passé à Ryad et Abha ?
Les Houthis ont revendiqué des tirs de missiles et de drones contre l'aéroport international de Ryad et celui d'Abha, dans le sud-ouest du royaume. Des ressortissants égyptien, algérien et soudanais ont péri, et 36 autres personnes ont été blessées, certaines grièvement, selon la Direction générale de l'aviation civile saoudienne, qui a également signalé des dégâts matériels.
Jeudi, les Houthis ont affirmé avoir mené une nouvelle attaque contre l'aéroport King Khalid de Ryad, réitérant leur appel aux compagnies aériennes à éviter le royaume. Le trafic aérien y est régulièrement perturbé depuis plusieurs jours, selon le site de suivi Flightradar24.
Quelle est la riposte de la coalition saoudienne ?
Ryad a assuré que ces attaques ne resteraient pas impunies. La coalition militaire a annoncé avoir détruit 82 cibles militaires légitimes houthies, ainsi que la rampe de lancement de missiles balistiques utilisée pour l'attaque contre l'aéroport de Ryad. Dans la nuit, de nouvelles frappes ont visé plusieurs régions tenues par les combattants, dont la capitale Sanaa, selon les Houthis qui recensent 1.642 frappes et attaques de missiles saoudiennes en trois mois.
Pourquoi le conflit s'est-il réveillé en juillet ?
Le conflit entre les Houthis, qui contrôlent Sanaa et de vastes pans du pays depuis plus d'une décennie, et le gouvernement reconnu par la communauté internationale, soutenu par Ryad, s'est réveillé en juillet après des années d'accalmie. En septembre, une offensive éclair des Houthis leur a permis de prendre le contrôle de l'ensemble du littoral yéménite sur la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb.
Les forces gouvernementales, appuyées par l'aviation saoudienne, ont lancé une contre-offensive le week-end dernier, mais les positions de chacun restent difficiles à déterminer de manière indépendante dans des zones difficiles d'accès pour les journalistes.
Quel est le bilan humain de cette escalade ?
De nouveaux affrontements dans l'ouest du Yémen ont fait au moins 62 morts mercredi, portant à plus de 330 le nombre de combattants tués depuis lundi. L'Organisation internationale des migrations (OIM) s'alarme du manque de financements face à cette nouvelle crise humanitaire, qui a contraint 201.217 personnes à quitter leur foyer.
À Taëz, une frappe a fait cinq blessés parmi les civils. Un habitant, Al-Fateh al-Eisaei, a raconté à l'AFP :
« Nous sommes sortis dans la rue et nous avons vu de jeunes gens qui avaient été touchés. Le projectile a atterri en plein milieu de la rue, à un moment où le quartier était bondé. »
Quel est l'impact régional de cette crise ?
Ryad et ses alliés ont réclamé un soutien international, notamment des États-Unis, sans succès jusqu'ici. La Turquie, le Pakistan et l'Arabie saoudite se sont accordés pour passer à la mise en pratique d'un accord de défense signé en août à La Mecque, avec l'intention de déployer rapidement des forces militaires dans le royaume.
Le conflit perturbe sérieusement le pétrole saoudien, Ryad étant le premier exportateur mondial de brut, avec des attaques régulières sur les raffineries et la flotte saoudienne en mer Rouge. Cette escalade rappelle l'importance de la stabilité régionale pour la sécurité énergétique mondiale, un enjeu que le Maroc suit de près dans le cadre de ses relations avec les pays du Golfe.
