La coalition militaire menée par l'Arabie saoudite a annoncé, lundi 26 octobre, avoir abattu un missile balistique tiré par les Houthis en direction de Riyad, tandis que les rebelles yéménites revendiquaient une nouvelle frappe contre l'aéroport international de la capitale saoudienne.
La veille au soir, les habitants de Riyad avaient été réveillés par des explosions et avaient reçu des messages des autorités les avertissant de «menaces aériennes» sur la ville. Selon www.le360.ma, la capitale est ciblée de manière intense ces dernières semaines en représailles au soutien du royaume aux forces gouvernementales yéménites.
Ce qui s'est passé lundi
«Les défenses antiaériennes ont intercepté et détruit un missile balistique lancé par la milice terroriste houthie en direction de Riyad», a écrit le porte-parole de la coalition, Turki al-Malki, dans un message publié sur la plateforme X lundi matin.
Le porte-parole a ajouté que la coalition avait détruit quatre plateformes de lancement de missiles balistiques ainsi qu'un dépôt de missiles des Houthis, qui contrôlent une grande partie du Yémen. Cette opération «visait également à couper les lignes d'approvisionnement de la milice houthie entre les zones sous son contrôle», a-t-il précisé.
De leur côté, les Houthis ont affirmé avoir de nouveau frappé «avec un missile balistique» l'aéroport international de Riyad. Leur porte-parole, Yahya Saree, a également revendiqué une opération «visant les stations de pompage de pétrole brut (de l'oléoduc, NDLR) Est-Ouest à l'aide de plusieurs drones» qui ont atteint leur objectif.
Dans la soirée de dimanche, l'aéroport avait déjà été visé dans le cadre de trois opérations menées avec «des dizaines de missiles balistiques», selon Yahya Saree. Les deux autres ont visé une base aérienne à Khamis Mushait et une base navale à Jazan, dans le sud du royaume.
Un aéroport sous tension
L'aéroport de Riyad avait été fermé après la frappe houthie la plus meurtrière, qui avait tué 13 personnes et fait des centaines de blessés mi-octobre. Il avait affiché dimanche sur son site internet plusieurs liaisons intérieures et internationales prévues, notamment en provenance de Dubaï, Paris et Le Caire, avant d'être de nouveau visé.
Selon le site de suivi aérien Flightradar24, quelques vols seulement ont décollé. Sollicités par l'AFP, les responsables saoudiens n'ont pas fourni d'informations sur l'ampleur de la reprise des opérations à l'aéroport.
Le Monde rapporte que la coalition dirigée par Riyad a également abattu deux drones ciblant la région de la capitale.
Dix missiles interceptés dans le sud
La coalition a aussi indiqué dimanche avoir intercepté dix missiles balistiques dans le sud du royaume, ainsi qu'un missile de croisière visant Khamis Mushait, selon RFI. La Défense civile saoudienne a fait état de deux personnes blessées par des chutes de débris et de plusieurs bâtiments et véhicules endommagés.
Déclenché en 2014, le conflit au Yémen, opposant les Houthis aux forces gouvernementales appuyées par Riyad, a repris en juillet après quatre ans d'accalmie, ouvrant un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient. Les combats ont fait des centaines de morts et déplacé plus de 250.000 personnes, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.
Bab el-Mandeb: un enjeu stratégique pour la région
Pour comprendre l'intensité de cette escalade, il faut regarder la carte. Les Houthis se sont emparés en septembre du littoral yéménite, renforçant leur emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, qui verrouille, au sud de la mer Rouge, l'accès au canal de Suez. Ce point de passage, complémentaire du détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran de l'autre côté de la péninsule arabique, est vital pour le commerce maritime entre l'Asie, l'Europe et l'Afrique, et donc pour les économies du pourtour méditerranéen, dont celle du Maroc.
Les frappes israélo-américaines de fin février sur Téhéran, qui ont déclenché le conflit régional, ont déjà secoué les marchés pétroliers. Les attaques houthies contre l'oléoduc Est-Ouest et les infrastructures saoudiennes ajoutent une couche supplémentaire d'incertitude sur les approvisionnements énergétiques mondiaux.
Cette instabilité affecte aussi le calendrier des grands événements: selon Le Figaro, les organisateurs du Dakar 2027 ont indiqué que le rallye-raid, s'il était maintenu, ne se tiendrait pas du 1er au 15 janvier en Arabie saoudite comme prévu initialement. Le nouveau lieu sera annoncé dans les prochains jours. Plusieurs grands événements internationaux ont déjà été annulés ou reportés dans le royaume depuis la reprise du conflit.
Questions fréquentes
Qui sont les Houthis?
Les Houthis sont une milice yéménite alliée de l'Iran qui contrôle une grande partie du Yémen, dont une portion du littoral depuis septembre. Ils s'opposent aux forces gouvernementales appuyées par Riyad depuis 2014.
Pourquoi l'aéroport de Riyad est-il visé?
L'aéroport international de Riyad est une cible symbolique et stratégique pour les Houthis, qui cherchent à frapper le soutien saoudien aux forces gouvernementales yéménites. Une frappe mi-octobre y avait tué 13 personnes.
Quelle est l'importance du détroit de Bab el-Mandeb?
Situé au sud de la mer Rouge, le détroit de Bab el-Mandeb contrôle l'accès au canal de Suez. Sa mainmise par les Houthis perturbe le commerce maritime entre l'Asie, l'Europe et l'Afrique.
