L'Arabie saoudite intercepte six missiles houthis, les combats s'intensifient au Yémen
L'Arabie saoudite a annoncé, jeudi, avoir intercepté six missiles tirés depuis le Yémen par les rebelles houthis, soutenus par l'Iran. Cette nouvelle escalade intervient alors que les hostilités entre Riyad et le mouvement yéménite se sont nettement intensifiées ces dernières semaines, un sujet suivi de près par le Maroc, soucieux de la stabilité régionale et de la sécurité des voies maritimes internationales.
Les défenses aériennes saoudiennes ont abattu les projectiles visant les régions de Taïf et de Yanbu, sur la mer Rouge, a précisé la coalition militaire dirigée par Riyad depuis 2015 pour appuyer le gouvernement yéménite face aux Houthis. Dans un message publié sur X, le porte-parole de la coalition, le colonel Turki al-Maliki, a prévenu que « les escalades et violations de la milice terroriste houthie feront l'objet d'une réponse ferme ».
La défense civile saoudienne avait auparavant émis des alertes signalant « un danger potentiel » dans plusieurs régions du royaume, notamment à La Mecque, ville la plus sainte de l'islam. Ces alertes, qui concernaient aussi Taïf, Jeddah, Tabouk et Yanbu, ont été levées quelques minutes plus tard.
Des attaques revendiquées contre des installations pétrolières
Les Houthis ont affirmé avoir lancé une attaque combinant missiles balistiques et drones contre des centres de commandement et des dépôts d'armes dans le sud de l'Arabie saoudite, évoquant des pertes humaines parmi des personnels yéménites, soudanais et saoudiens. Le groupe a également revendiqué, dans la soirée, des frappes contre des installations du géant pétrolier Aramco à Yanbu et un site non identifié à Riyad.
Cette nouvelle flambée de violence survient dans un contexte régional déjà très tendu. En déplacement aux États-Unis pour l'Assemblée générale des Nations unies, le président iranien, Massoud Pezeshkian, a assuré que les Houthis étaient « responsables de leurs propres actes » et « ne recevaient pas de directives » de Téhéran, tout en reconnaissant des « contacts » avec eux.
La France apporte son soutien à la sécurité de Yanbu
Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé l'envoi de « moyens militaires » pour « protéger » le terminal pétrolier de Yanbu, maillon stratégique du réseau énergétique saoudien, dans le but affiché d'œuvrer à la détente des marchés pétroliers. Une décision qui illustre l'importance géopolitique de ces infrastructures pour l'économie mondiale.
Depuis la reprise des hostilités au Yémen en juillet, après des années d'accalmie, les Houthis ont multiplié les attaques contre leur voisin saoudien. Le conflit s'est intensifié en septembre avec la prise du littoral yéménite sur la mer Rouge par les combattants antigouvernementaux, consolidant leur contrôle sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, voie essentielle entre l'Europe et l'Asie via le canal de Suez.
Un bilan humain lourd et des déplacements massifs
Ce passage est devenu encore plus crucial pour Riyad depuis que l'Iran perturbe fortement le trafic dans le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique, dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient. La semaine dernière, la capitale saoudienne avait d'ailleurs été visée pour la première fois depuis des années, et Riyad avait accusé les Houthis d'avoir tenté d'atteindre La Mecque avec un drone, ce que le mouvement a démenti.
Sur le terrain, les combats se poursuivent entre les Houthis et les forces gouvernementales, appuyées par l'aviation saoudienne, notamment pour le contrôle des collines surplombant Bab el-Mandeb. Selon des sources militaires citées par l'AFP, les affrontements ont fait au moins 150 morts en 24 heures, dont 98 membres des forces gouvernementales et 52 combattants houthis. Depuis début septembre, les combats ont également fait des dizaines de victimes parmi les civils et déplacé plus de 130 000 personnes, selon l'ONU.
Cette escalade, qui fragilise un peu plus la stabilité de la péninsule arabique, est suivie avec attention par le Maroc, attaché à la sécurité et à la coopération dans le monde arabe et musulman. Le Royaume, sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, continue de plaider pour une résolution pacifique des conflits et la préservation de la sécurité régionale.