Yémen : Riyad et ses alliés mobilisent la défense mutuelle face aux Houthis
Les frappes revendiquées par les Houthis contre l'aéroport international de Riyad et une raffinerie d'Aramco marquent une escalade majeure dans le conflit yéménite. En réponse, la Turquie, le Pakistan et l'Arabie saoudite ont décidé d'activer pour la première fois leur accord de défense mutuelle, signé en août dernier à La Mecque.
Une riposte coordonnée après des mois de tensions
Les Houthis, soutenus par l'Iran, ont affirmé avoir mené ces attaques en représailles au soutien aérien saoudien à la contre-offensive des forces gouvernementales yéménites. Selon leur porte-parole militaire, Yahya Saree, des drones, des missiles balistiques et des missiles de croisière ont été utilisés contre des cibles à Riyad, Rabigh et dans le sud du royaume.
Des habitants de la capitale saoudienne ont rapporté avoir entendu de fortes explosions, tandis que les Houthis ont averti les compagnies aériennes que le ciel saoudien n'était « pas sûr », à l'exception des villes saintes de Médine et de La Mecque.
L'accord de défense mutuelle activé pour la première fois
Après une réunion à Riyad, la Turquie, le Pakistan et l'Arabie saoudite ont convenu de passer « immédiatement à la mise en pratique de l'accord de défense mutuelle ». Le communiqué commun prévoit de « prendre les mesures nécessaires pour fournir les forces et moyens militaires convenus, et les déployer rapidement dans le royaume ».
Ce texte condamne fermement les frappes ayant visé les villes saintes, imputées aux Houthis par Riyad, ainsi que les attaques contre les installations civiles et économiques saoudiennes. C'est la première fois que cet accord tripartite est mis en œuvre, un signal fort adressé aux combattants pro-iraniens.
Des avancées territoriales sur le littoral de la mer Rouge
Sur le terrain, les forces gouvernementales yéménites, appuyées par la coalition dirigée par Riyad, ont revendiqué d'importants gains territoriaux dans des zones stratégiques du littoral de la mer Rouge. Elles affirment avoir « repoussé les Houthis de la zone de Bab el-Mandeb, de l'aéroport de Dhubab, du camp al-Omari et de la ville de Mokha », tout en progressant dans la région de Taëz.
La coalition a également annoncé avoir frappé des cibles militaires à Al-Hodeïda, grand port sous contrôle houthi, détruisant des dépôts d'armes et déjouant une attaque prévue contre les voies navigables du sud de la mer Rouge.
Un détroit stratégique sous haute surveillance
Le détroit de Bab el-Mandeb, dont l'importance s'est accrue avec le verrouillage par l'Iran du détroit d'Ormuz, est désormais sous protection aérienne de la coalition. Les forces gouvernementales yéménites ont coupé la seule voie d'approvisionnement vers Mokha, port stratégique pris par les Houthis en septembre.
Cette escalade intervient dans un contexte régional déjà tendu, où le conflit au Moyen-Orient a ouvert un nouveau front depuis juillet. Les Houthis, qui contrôlent une grande partie du Yémen depuis une décennie, ont pris en septembre tout le littoral ouest du pays, menaçant directement les intérêts saoudiens et la sécurité des voies maritimes internationales.
La mobilisation de la Turquie et du Pakistan aux côtés de l'Arabie saoudite constitue un tournant diplomatique et militaire majeur dans ce conflit régional, dont les répercussions pourraient s'étendre bien au-delà de la péninsule arabique.
Questions fréquentes sur la situation au Yémen
Quel est l'objectif de l'opération « Aube du Yémen » ?
Lancée par les forces gouvernementales yéménites avec le soutien aérien de la coalition saoudienne, cette opération vise à reprendre les territoires conquis par les Houthis en septembre, notamment sur le littoral de la mer Rouge, et à restaurer l'autorité de l'État yéménite.
Pourquoi le détroit de Bab el-Mandeb est-il si important ?
Ce détroit est un passage stratégique pour le transport des hydrocarbures et le commerce mondial. Son contrôle par les Houthis, alliés de l'Iran, représente une menace directe pour la sécurité énergétique de la région et du monde.
Quel rôle joue l'accord de défense entre la Turquie, le Pakistan et l'Arabie saoudite ?
Cet accord, signé en août à La Mecque, prévoit une assistance militaire mutuelle en cas d'agression. Son activation pour la première fois témoigne de la gravité de la situation et de la détermination des trois pays à défendre la sécurité du royaume saoudien.