Les quartiers d'Al Mouhit et d'El Youssoufia, à Rabat, vivent depuis octobre 2026 au rythme des opérations de recensement qui précèdent les chantiers de réaménagement de la zone côtière de la capitale. Les habitants s'interrogent sur le sort de leurs logements alors que les autorités assurent qu'aucune décision de démolition n'est encore prise.
D'après le quotidien Al Akhbar, repris par www.le360.ma, les premières pelleteuses ont entamé certains secteurs d'Al Mouhit, alimentant une inquiétude réelle chez les familles riveraines. Les conditions d'indemnisation, les garanties légales et l'accompagnement social figurent au centre des préoccupations exprimées.
Rabat, capitale en pleine mutation urbaine
Rabat, qui figure parmi les sept plus grandes villes du Royaume selon les données du Haut-Commissariat au Plan, fait l'objet d'une ambitieuse mise à niveau urbaine engagée dans le prolongement des orientations royales en matière d'aménagement du territoire et de modernisation des métropoles. Le réaménagement du front de mer et des quartiers anciens s'inscrit dans cette dynamique, avec un objectif affiché : faire de la capitale une ville moderne, attractive et à la hauteur de son statut de capitale du Royaume.
Cette transformation soulève néanmoins des questions concrètes pour les ménages concernés. « La question de la préservation du tissu social se pose avec acuité, alors que les perspectives de ces grands chantiers restent floues pour les riverains », relève Al Akhbar dans son édition du 26 octobre 2026. Le quotidien insiste sur le besoin d'information claire, tant pour les habitants que pour les élus locaux, sur l'étendue des interventions à venir.
Recensement ne rime pas avec démolition
Les autorités compétentes se veulent rassurantes. Selon leurs explications rapportées par la presse, les opérations d'inventaire menées actuellement ne débouchent pas automatiquement sur des décrets de démolition. Il s'agit d'interventions préparatoires, encadrées par des études techniques et des procédures légales strictes.
La distinction est importante et mérite d'être vulgarisée. Le diagnostic urbain sert à documenter l'état du bâti et à identifier les ménages. L'expropriation pour cause d'utilité publique, elle, obéit à un cadre juridique précis qui définit les droits des propriétaires comme ceux des occupants. Les recensements en cours relèvent de la première catégorie, selon les autorités.
Le Maroc dispose pour cela d'un appareil statistique solide, incarné par le Haut-Commissariat au Plan, institution chargée de la production statistique et de la prospective économique du Royaume. Les données issues du recensement général de la population de 2024, qui classe Rabat parmi les sept premières agglomérations du pays selon Wikipédia, fournissent un socle objectif pour planifier ces opérations d'inventaire.
Indemnisation et relogement : le cœur du débat social
La question dépasse le simple chantier d'urbanisme. Elle touche à la dimension humaine du développement. Trouver des solutions de relogement adéquates, accessibles et à proximité des quartiers d'origine s'avère indispensable pour préserver trois choses essentielles : l'accès à l'emploi, la scolarisation des enfants et les réseaux de solidarité communautaire.
Les locataires et les commerçants exerçant dans les zones concernées demandent des mécanismes de soutien équitables. Leur situation diffère de celle des propriétaires, et les dispositifs d'accompagnement devront en tenir compte pour éviter que la requalification du littoral rabatais ne se fasse au prix d'une fracture sociale.
Transparence : la condition de la réussite
Al Akhbar le formule sans détour : la réussite des projets de mise à niveau de la capitale se mesure aussi à leur capacité à préserver la quiétude sociale et à respecter les droits des citoyens. Le quotidien appelle les autorités locales et les conseils élus à fournir des données précises et transparentes pour apaiser des craintes qu'il juge légitimes.
Cet appel rejoint une exigence déjà présente dans la pratique marocaine du grand chantier urbain, celle du développement humain comme pendant de l'aménagement physique. Les grandes réalisations portées par le Royaume ces dernières années, de Tanger à Casablanca, ont montré que la modernisation urbaine fonctionne mieux lorsqu'elle s'accompagne d'un filet social solide.
Prochaine étape attendue : la publication officielle des résultats des inventaires et, le cas échéant, la nature des décrets qui en découleront. Les habitants d'Al Mouhit et d'El Youssoufia attendent des réponses claires sur leur avenir, et la capitale a besoin de leur confiance pour mener à bien sa transformation.
Questions fréquentes
Les recensements en cours signifient-ils que les maisons seront démolies ?
Non, selon les autorités. Les opérations d'inventaire sont des interventions préparatoires soumises à des études et à des procédures légales strictes, qui ne débouchent pas automatiquement sur des décrets de démolition.
Quels quartiers de Rabat sont concernés par ces opérations ?
Les secteurs d'Al Mouhit et d'El Youssoufia, dans le cadre des projets de réaménagement de la zone côtière de la capitale, selon Al Akhbar.
Que réclament les habitants des zones concernées ?
Les résidents demandent davantage de transparence sur les opérations, des garanties de relogement à proximité et la protection de leurs droits sociaux, notamment pour les locataires et les commerçants.
