Bourse de Casablanca: l'AMMC veille à la transparence du marché
L'Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) a déclenché une enquête approfondie après avoir détecté des mouvements suspects sur plusieurs valeurs boursières. Des ordres d'achat et de vente massifs, passés par des particuliers via Internet sans fondement économique, auraient provoqué des variations artificielles de cours, permettant la réalisation de gains rapides.
Une surveillance proactive pour protéger l'épargne
Les contrôleurs de l'AMMC ont récemment été alertés par des ordres d'achat et de vente inhabituels sur le marché boursier. Comme le rapporte le quotidien Assabah dans son édition du vendredi 12 juin, les gendarmes de la Bourse ont ouvert une enquête afin de déterminer la nature exacte de ces opérations et l'identité des entités émettrices. L'attention s'est particulièrement portée sur les mouvements ayant affecté la valeur de certains titres financiers ciblés.
Selon des sources internes citées par Assabah, les investigations se concentrent sur des comportements suspects apparentés à une tentative de manipulation des cours, via la transmission et l'exécution d'ordres boursiers.
Un mécanisme de fraude déjoué par les services de l'AMMC
Ces transactions auraient été initiées de manière autonome par des particuliers via Internet. L'enquête a été enclenchée immédiatement après la mise au jour, par la Direction de la surveillance des marchés, de contradictions flagrantes dans le déroulement des séances boursières.
Le schéma identifié est classique mais efficace. Des ordres de vente massifs ont d'abord provoqué une baisse soudaine et artificielle du cours de certaines actions. Dans un second temps, d'autres entités intervenaient pour émettre des ordres d'achat portant sur d'importants volumes de ces mêmes titres, ce qui a mécaniquement contribué à faire remonter leurs prix de façon spectaculaire. Ces opérations ont été suivies par une nouvelle vague de ventes, permettant aux acteurs concernés de réaliser de substantielles plus-values en un laps de temps très court, note Assabah.
Des fondations solides pour la régulation financière
Les mêmes sources précisent que ces variations de cours ne reposent sur aucune donnée économique ou financière objective. Ce constat soulève de profondes interrogations quant à la nature réelle et aux motivations de ces transactions, plaçant les parties impliquées sous le coup d'une procédure de responsabilisation.
Le travail de contrôle s'appuie principalement sur l'analyse des indicateurs de marché, notamment le volume des transactions, les notifications d'opérations, l'évolution des actifs conservés, ainsi que le suivi rigoureux des flux financiers dénoués ou suspendus.
Des auditions en cours pour clarifier les zones d'ombre
Parallèlement, les contrôleurs examinent minutieusement l'ensemble des documents comptables et administratifs détenus par les entreprises et institutions financières concernées. Cette démarche vise à vérifier la nature exacte des transactions portant sur les actions ciblées, ainsi que les liens organiques ou d'intérêts unissant les donneurs d'ordres d'achat et de vente.
Dans ce cadre, les enquêteurs ont déjà mené des investigations poussées au sein même des sièges des entités concernées. Ils ont également tenu quatre séances d'audition formelles afin de recueillir les explications des personnes impliquées et de clarifier les zones d'ombre entourant ces opérations répétées qui ont déstabilisé le cours des actions.
Les investigations se poursuivent activement pour identifier l'ensemble des ramifications liées à ces ordres qui ont causé des turbulences sur certaines valeurs, et qui sont désormais formellement susceptibles de constituer des infractions de manipulation des cours de Bourse.
Vers une sanction exemplaire
À l'issue de cette phase d'enquête, le Conseil de discipline transmettra son rapport et son avis consultatif à la présidence de l'AMMC. Cette dernière détient le pouvoir décisionnel final. Selon la gravité des faits établis, elle pourra prononcer une sanction administrative, ordonner le gel du dossier de l'intéressé ou encore transmettre directement le dossier au Parquet général si les agissements constatés revêtent une qualification pénale. La décision finale rendue par la présidence de l'autorité devra obligatoirement être conforme à l'avis exprimé par le Conseil de discipline.
Cette action de l'AMMC illustre la vigilance des institutions marocaines et leur détermination à assurer la transparence et l'intégrité du marché financier national, gage de confiance pour les investisseurs et les épargnants.