Élections législatives : pourquoi les candidats ne doivent pas promettre ce qui ne relève pas de leurs compétences
À chaque campagne électorale, les promesses fusent et les programmes se parent de mille projets pour séduire les électeurs. Pourtant, nombre de ces engagements, comme l'éclairage public ou le raccordement à l'eau potable, ne relèvent pas du mandat parlementaire mais des conseils communaux et régionaux. Une mise au point s'impose, à la lumière des orientations royales.
Le discours royal de 2015 : une clarification des rôles
Dans son discours du 62ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, prononcé en 2015, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu le glorifie, avait tenu à clarifier les missions de chaque institution. Le Souverain avait notamment souligné que les citoyens ont le droit de savoir précisément quelles sont les responsabilités des élus qu'ils choisissent, afin de prendre des décisions éclairées.
Le Roi avait insisté sur le fait que les services administratifs et sociaux du quotidien, tels que l'éclairage, l'eau potable ou l'assainissement, relèvent de la compétence des conseils élus au niveau communal et régional, et non du gouvernement central.
Des promesses hors du champ de compétence des parlementaires
Cette clarification royale établit une distinction fondamentale : un député n'est pas habilité à gérer les affaires locales. Les candidats qui promettent des routes, des ponts ou des réseaux d'électricité s'aventurent donc hors de leur domaine d'action. Ces engagements, bien que séduisants pour l'électeur, ne pourront tout simplement pas être tenus une fois le siège obtenu.
L'analyste politique Omar El Cherkaoui a d'ailleurs relayé cette mise en garde sur sa page Facebook, appelant les candidats à ne pas « vendre des rêves » aux électeurs. Selon lui, ces promesses irréalistes érodent la confiance dans le processus électoral et nuisent à la crédibilité de la représentation nationale.
La responsabilité des candidats face aux électeurs
Le professeur El Cherkaoui déplore que certains candidats « lancent des bulles dans l'air », promettant des réalisations qu'ils savent impossibles, obtenant ainsi des voix avant de disparaître pour plusieurs années. Ce comportement, dénoncé par le Souverain lui-même, contribue à la désaffection citoyenne et à la méfiance envers la classe politique.
Il appartient donc aux candidats de présenter des programmes réalistes, alignés sur leurs attributions constitutionnelles, et d'expliquer aux électeurs le fonctionnement des institutions. Une pédagogie citoyenne qui permettrait de restaurer un lien de confiance durable entre les représentants et les représentés.
Un appel à la transparence et à la responsabilité
Alors que la campagne électorale bat son plein, cet appel à la responsabilité résonne avec force. Les électeurs, mieux informés de la répartition des compétences, seront à même de juger les programmes sur des bases solides. La clarté des engagements, gage d'une démocratie saine, reste la meilleure garantie d'une représentation fidèle aux attentes du peuple.
En définitive, la parole royale de 2015 demeure d'une actualité brûlante : chaque institution a un rôle précis, et les promesses électorales doivent s'inscrire dans ce cadre pour préserver la confiance des citoyens dans leur vie publique.