Succession de Guterres à l'ONU : le Maroc observe un scrutin décisif
Le Conseil de sécurité des Nations unies procède, ce vendredi, à un second vote indicatif pour départager les huit candidats à la succession d'António Guterres. Ce scrutin intervient dans un contexte de profondes divisions au sein de l'organisation, alors que le multilatéralisme traverse l'une des périodes les plus éprouvantes de son histoire.
À l'issue de ce vote, les 15 membres du Conseil attribueront anonymement à chaque postulant l'une des trois mentions suivantes : « encourage », « décourage » ou « sans opinion ». Si le premier scrutin, organisé le 30 juillet, avait placé la Costaricienne Rebeca Grynspan en tête, les observateurs s'attendent à une évolution significative des équilibres.
Une compétition marquée par la question de la parité et de la rotation géographique
Le processus de désignation, qui doit aboutir à la recommandation d'un nom à l'Assemblée générale, est encadré par des règles précises. Le futur secrétaire général devra recueillir au moins neuf voix favorables au Conseil de sécurité, sans qu'aucun des cinq membres permanents (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) n'oppose son veto.
Dans ce contexte, la forte représentation latino-américaine parmi les candidats s'explique par le principe informel de rotation géographique. De nombreux États estiment en effet que le poste devrait revenir à l'Amérique latine et aux Caraïbes. Par ailleurs, une mobilisation croissante milite pour qu'une femme prenne, pour la première fois en 80 ans, la tête de l'organisation.
Les huit candidats en lice pour succéder à António Guterres
Outre Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica et secrétaire générale de la CNUCED, la compétition réunit Carolyn Rodrigues-Birkett, ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana, Rafael Grossi, directeur général argentin de l'AIEA, l'ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, l'Équatorienne María Fernanda Espinosa, l'Ougandais Olara Otunnu, l'ancien président sénégalais Macky Sall, et l'Équatorienne Ivonne A-Baki.
Cette dernière, qui a rejoint la course plus récemment, a présenté jeudi sa vision devant les États membres de l'Assemblée générale. Son entrée en lice illustre la fluidité du processus, alors que de nouveaux prétendants pourraient encore se manifester, comme l'a suggéré le représentant permanent de la Russie, Vassili Nebenzia.
Un scrutin sous tension alors que l'ONU traverse une crise profonde
Ce vote intervient alors que l'ONU fait face à des défis majeurs : affaiblissement du multilatéralisme, divisions persistantes au sein du Conseil de sécurité et graves difficultés financières. Sous la pression des États-Unis, qui contestent régulièrement son rôle et ses financements, l'organisation peine à peser sur plusieurs conflits majeurs, tandis que des coupes budgétaires menacent ses opérations humanitaires et ses missions de maintien de la paix.
Pour le Royaume du Maroc, qui suit de près ces évolutions, la stabilité et l'efficacité de l'ONU demeurent des enjeux essentiels. Le Maroc, acteur engagé dans la coopération multilatérale et la paix en Afrique, observe avec attention ce processus de succession, qui déterminera la capacité de l'organisation à relever les défis de la prochaine décennie.
Qui succédera à António Guterres à la tête de l'ONU ?
À ce stade, aucun pronostic fiable ne peut être établi, tant les préférences des différents membres du Conseil restent difficiles à déterminer. Les bulletins des membres permanents n'étant pas différenciés de ceux des membres élus, il est impossible de savoir si une mention « décourage » émane d'une puissance disposant d'un droit de veto.
Le processus reste donc ouvert, et les prochaines semaines seront décisives pour déterminer l'identité du successeur d'António Guterres, qui achèvera son deuxième mandat le 31 décembre prochain.