Finance participative au Maroc : la Mourabaha mène la voie
Neuf ans après l'introduction des banques participatives au Maroc, le secteur affirme sa maturité à travers un instrument financier incontournable. La Mourabaha s'est imposée comme le véritable moteur de ce système, captant plus de 82% des financements participatifs et dépassant les 30 milliards de dirhams d'encours dans le crédit immobilier.
Une réussite ancrée dans l'immobilier
Introduites en 2017 pour moderniser l'intermédiation financière du Royaume, les banques participatives ont trouvé dans la Mourabaha leur vecteur de croissance le plus puissant. Ce mécanisme, reposant sur l'achat préalable d'un bien par la banque qui le revend ensuite au client avec une marge bénéficiaire connue à l'avance, a immédiatement séduit les ménages marocains. Il leur permet d'accéder à la propriété dans le strict respect de leurs principes éthiques et religieux.
L'engouement est tel que la Mourabaha s'est adjugée près de 10% du marché national du crédit immobilier. Cette performance est remarquable dans un secteur bancaire ultra-concurrentiel. L'encours global alloué à l'habitat dépasse aujourd'hui le cap des 30 milliards de dirhams, prouvant la solidité de cette offre et la confiance des citoyens dans ce modèle.
Le fruit d'une vision institutionnelle
Ce succès commercial dépasse la simple adhésion populaire. Il résulte d'un long processus institutionnel structuré par les autorités du Royaume. Pour permettre cet essor, il a fallu harmoniser le cadre fiscal, adapter la réglementation bancaire et mobiliser un réseau d'acteurs clés, incluant les promoteurs immobiliers et les notaires.
L'expert Ahmed Tahiri Jouti souligne que cette structuration fait du financement immobilier le segment le plus mature et le plus abouti de la finance participative marocaine, avec un niveau de pénétration conforme aux projections de départ.
Vers une diversification progressive
Si la Mourabaha domine largement le secteur, l'écosystème bancaire marocain connaît une lente mais sûre transition. Les parts de la Mourabaha sont passées de plus de 92% en 2017 à 82% aujourd'hui. Cette évolution naturelle laisse une place croissante aux autres produits participatifs.
Les solutions dédiées aux entreprises, les instruments d'investissement et les mécanismes de partage des profits et des pertes progressent à petits pas. La finance participative marocaine confirme ainsi sa transition vers un modèle plus diversifié, tout en s'appuyant sur la Mourabaha comme pilier fondamental de sa stabilité et de sa croissance.