Iran-États-Unis : Trump promet de « frapper fort » après la reprise des hostilités
Après plusieurs semaines d'accalmie relative, les tensions entre Téhéran et Washington ont connu un regain significatif. Les forces américaines ont mené lundi des frappes contre des lanceurs iraniens de roquettes situés sur l'île de Larak, dans le détroit d'Ormuz, une zone stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. Le président américain Donald Trump a immédiatement averti qu'il y aurait une « réponse » et que son administration allait « frapper fort », selon des propos rapportés par Fox News.
Cette escalade intervient alors que le conflit entre dans son septième mois et que les négociations diplomatiques restent au point mort. L'Iran a riposté en lançant des missiles et des drones contre des cibles américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis, tout en affirmant ne pas souhaiter une poursuite de la guerre.
Une reprise des affrontements après un mois de relative accalmie
Pour la première fois depuis fin juillet, les forces américaines ont annoncé avoir bombardé « deux lanceurs iraniens de roquettes sur l'île de Larak ». Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), cette attaque a été lancée après que les Gardiens de la Révolution ont été « observés en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines » dans le détroit d'Ormuz.
Les médias iraniens ont rapporté un bilan de trois morts et sept blessés dans ces frappes. En représailles, Téhéran a visé des positions américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis. Amman a indiqué avoir abattu huit missiles ayant pénétré son espace aérien, tandis qu'Abou Dhabi a détecté un drone au-dessus de ses eaux territoriales, dénonçant « une escalade dangereuse ».
Quelle est la position de l'Iran face à cette nouvelle escalade ?
Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé que la poursuite de la guerre n'était « ni dans l'intérêt de Téhéran ni dans celui de la région », tout en continuant à « œuvrer pour parvenir à un accord ». En déplacement au Kirghizstan pour participer à un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), il a rencontré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur.
M. Pezeshkian a également déclaré que son pays renouerait « immédiatement » avec ses engagements si les États-Unis revenaient au protocole d'accord conclu en juin pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. « Je déclare explicitement que si les États-Unis reviennent à leurs engagements au titre du protocole d'accord, la République islamique d'Iran prendra immédiatement des mesures réciproques », a-t-il déclaré, selon le site de la présidence iranienne.
Le détroit d'Ormuz, point névralgique du conflit
Ce passage maritime, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux, demeure au cœur des affrontements. Téhéran verrouille son passage quasi en continu depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février. Les États-Unis, qui imposent un blocus des ports iraniens, se disent prêts « à protéger la libre circulation des échanges commerciaux », le Centcom affirmant avoir « achevé le déminage des voies de navigation internationales ».
Lundi, la marine des Gardiens de la Révolution a affirmé qu'un « superpétrolier voyou » avait heurté deux mines navales lors d'une tentative « illégale » de franchir le détroit, ce que le Centcom a démenti, dénonçant de la « désinformation ». Un tanker a également été touché par trois « projectiles inconnus » alors qu'il franchissait le détroit dans le sens de la sortie, selon l'agence maritime britannique UKMTO.
Quelles conséquences pour les marchés et la diplomatie ?
Ce regain des hostilités a immédiatement semé l'inquiétude sur les marchés financiers. Les cours du pétrole sont repartis à la hausse, le baril de Brent, référence internationale, dépassant le seuil symbolique des 90 dollars. Cette évolution reflète les craintes d'une perturbation durable des approvisionnements énergétiques mondiaux.
Sur le plan diplomatique, les négociations pour mettre fin au conflit restent dans l'impasse. Le protocole d'accord conclu mi-juin a volé en éclats le mois suivant. Pour le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, « la solution est claire et simple : les États-Unis doivent respecter leurs engagements et s'en tenir » à ce qui a été signé. « Tout rentrera alors dans l'ordre », a-t-il ajouté.
Face à ce conflit impopulaire et à l'approche des élections de mi-mandat, l'administration Trump mise sur la « guerre économique » contre l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales. « On va continuer à faire pression » sur Téhéran, a insisté lundi le ministre des Finances Scott Bessent, à l'occasion d'une série de réunions aux États-Unis avec ses homologues des pays du G20.
Les Gardiens de la Révolution ont par ailleurs affirmé avoir abattu deux drones américains au-dessus du détroit d'Ormuz, tandis que les forces armées iraniennes ont mis en garde leurs voisins régionaux contre une « riposte bien plus forte » si toute nouvelle « agression » de Washington était lancée depuis leur territoire.
Ce nouveau cycle de violences soulève des questions cruciales pour la stabilité régionale et l'économie mondiale, alors que les grandes puissances, dont la Chine et la Russie, sont attendues au sommet de l'OCS au Kirghizstan pour tenter de trouver une issue diplomatique à ce conflit qui s'enlise.