Maduro se dit « prisonnier de guerre » devant tribunal américain
L'ex-président vénézuélien Nicolas Maduro, capturé samedi dernier par l'armée américaine, a comparu lundi devant un tribunal fédéral de Manhattan où il s'est déclaré « prisonnier de guerre » tout en plaidant non coupable aux accusations de narcoterrorisme.
Une comparution sous haute tension
« Je suis innocent », a lancé le dirigeant déchu de 63 ans, s'exprimant en espagnol avec l'aide d'un traducteur devant le juge Alvin Hellerstein. Ce dernier lui a officiellement signifié son inculpation pour quatre chefs d'accusation, dont narcoterrorisme.
Maduro a tenté de contester la légalité de sa détention : « Je suis le président de la République du Venezuela et je suis ici kidnappé depuis samedi 3 janvier. J'ai été arrêté à mon domicile à Caracas », avant d'être interrompu par le magistrat qui lui a demandé de se contenter de confirmer son identité.
Accompagné de son épouse Cilia Flores, 69 ans, qui a également plaidé non coupable, l'ancien homme fort du Venezuela est maintenu en détention à Brooklyn et comparaîtra de nouveau le 17 mars.
Répercussions internationales de l'intervention
Cette opération militaire américaine, qualifiée d'« opération de police » par Washington, suscite de vives controverses internationales. De nombreux pays contestent la légalité de cette intervention, rappelant les précédents irakien et afghan des années 2000.
À Caracas, la situation reste tendue avec le survol de drones non identifiés près du palais présidentiel lundi soir, auxquels la police a répliqué « de façon dissuasive » selon les autorités locales.
Transition politique en cours
Delcy Rodriguez, officiellement investie présidente par intérim du Venezuela, affiche une volonté de coopération avec les États-Unis dans le cadre de relations « équilibrées et respectueuses, fondées sur l'égalité souveraine ».
Cette ouverture diplomatique intervient alors que Donald Trump a écarté toute élection au Venezuela dans les 30 prochains jours, estimant que les États-Unis devaient « d'abord remettre le pays sur pied ».
L'acte d'accusation reproche à Maduro d'avoir dirigé « un gouvernement corrompu » s'alliant avec des mouvements de guérilla et des cartels pour « acheminer des tonnes de cocaïne vers les États-Unis ».
Cette crise vénézuélienne illustre les défis géopolitiques contemporains et l'importance du respect du droit international dans la résolution des conflits régionaux.