Maroc : La feuille de route pour la transition énergétique
Le Maroc franchit une étape décisive dans sa transition énergétique et écologique. Lors d'une séance à la Chambre des représentants, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a dévoilé une réforme structurelle visant à sécuriser l'approvisionnement en carburants et à refonder la gestion des déchets ménagers. Cette stratégie s'articule autour de l'achèvement du cadre législatif et du passage à l'économie circulaire, deux leviers essentiels pour consolider la souveraineté nationale et moderniser l'action publique.
Quelle stratégie pour sécuriser l'approvisionnement en carburants ?
La sécurité énergétique du Royaume constitue un pilier de sa stabilité géopolitique et économique. Pour renforcer cette souveraineté, le gouvernement a mis en place un programme rigoureux depuis 2021. La ministre Benali a annoncé une augmentation des capacités de stockage de produits pétroliers de plus de 30 % entre 2021 et 2025, offrant ainsi 17 jours supplémentaires de couverture des besoins nationaux. Cette avancée stratégique sera consolidée par un plan d'investissement de six milliards de dirhams, dédié à l'extension des infrastructures de stockage à l'échelle régionale.
Pour garantir la transparence et la traçabilité du marché, le ministère communique désormais régulièrement avec le Conseil de la concurrence et la Direction générale des impôts. La mise à disposition des données sur les niveaux de stocks et les capacités de stockage vise à assainir le secteur. La ministre a toutefois souligné que la libéralisation des prix de 2015 nécessitait des réformes réglementaires d'accompagnement, que l'exécutif actuel s'attelle à finaliser pour corriger les dysfonctionnements passés et protéger le pouvoir d'achat des citoyens.
Comment le Maroc passe-t-il à l'économie circulaire pour les déchets ?
Le modèle historique de gestion des déchets ménagers a atteint ses limites. Malgré un taux de collecte urbaine de 96 %, l'enfouissement sans tri préalable engendre des coûts environnementaux croissants et un gaspillage de ressources valorisables. Le Maroc opère donc un virage stratégique vers l'économie circulaire. Ce changement de paradigme repose sur la collecte sélective à la source et la valorisation énergétique, transformant ainsi un défi écologique en opportunité économique.
Sur le plan juridique, cette transition est portée par l'amendement de la loi 28.00 et la finalisation du projet de loi 48.23. Une convention de partenariat est également en cours d'élaboration avec le ministère de l'Intérieur pour coordonner le financement de centres techniques d'enfouissement, de tri et de valorisation, tout en réhabilitant les décharges sauvages. Les collectivités territoriales sont déjà mobilisées, à l'instar de la commune d'Arfoud qui lance une étude de faisabilité pour le tri sélectif à la source.
Quel accompagnement législatif pour ces réformes ?
L'édification de ce nouveau cadre structurel exige une solidarité institutionnelle. Leila Benali a appelé le Parlement à accélérer l'adoption des textes législatifs, condition sine qua non pour opérationnaliser ces réformes. La publication rapide des textes sur le tri sélectif et les amendes environnementales fournira les outils juridiques nécessaires pour corriger les comportements nuisibles. Si les débats parlementaires ont mis en lumière des divergences d'approches, le gouvernement maintient le cap : l'achèvement de l'édifice législatif et institutionnel reste la base fondamentale pour renforcer la sécurité énergétique, développer la gestion des déchets et améliorer la gouvernance environnementale du pays.
Quels sont les chiffres clés de cette transition ?
- 30 % : l'augmentation des capacités de stockage de produits pétroliers entre 2021 et 2025.
- 17 jours : le gain supplémentaire de couverture des besoins nationaux en carburants.
- 6 milliards de dirhams : le plan d'investissement validé pour étendre les capacités de stockage régionales.
- 96 % : le taux de collecte des déchets dans les centres urbains, base du nouveau modèle circulaire.
Pourquoi le tri sélectif est-il devenu une priorité nationale ?
Le tri sélectif à la source s'impose comme une nécessité pour le Maroc. L'ancien modèle, basé sur l'enfouissement, provoque une accumulation de lixiviat complexe à traiter et gaspille des matières valorisables. En adoptant une approche préventive plutôt que curative, le Royaume préserve ses ressources naturelles, crée de nouvelles valeurs économiques par le recyclage et s'inscrit pleinement dans les objectifs de développement durable portés par les Hautes Orientations Royales.