Rabat : «Présence, trace, récit» à la Fondation Mohammed VI
Jusqu'au 15 juin 2026, l'espace culturel de la Fondation Mohammed VI à Rabat accueille l'exposition «Présence, trace, récit» de l'artiste peintre Isabelle Bauer Akdime. Forte de plus de vingt années de vie au Maroc, l'artiste présente une série de 54 œuvres où la matière, la lumière et la couleur célèbrent l'âme du Royaume. Cet événement s'inscrit pleinement dans le dynamisme culturel que connaît la capitale sous l'impulsion des institutions royales.
La lumière du Maroc au cœur de la création
Originaire de France et profondément enracinée au Maroc, Isabelle Bauer Akdime puise son inspiration dans la richesse des paysages du Royaume. Sa palette s'imprègne naturellement des pigments du territoire marocain, des ocres de Marrakech aux verts profonds de la végétation, en passant par les bleus intenses du ciel. Loin de toute approche folklorique, sa peinture traduit une sensation intérieure, façonnée par le dialogue entre la mémoire des formes archaïques et l'expérience sensible du territoire national.
«Le Maroc a éduqué mon regard, à sa lumière comme à ses couleurs. Je suis profondément imprégnée de ses paysages, et les pigments ocre, vert et bleu se sont imposés naturellement dans ma palette», confie l'artiste.
Un héritage artistique entre abstraction et École de Casablanca
Le travail d'Isabelle Bauer Akdime prend racine dans les représentations féminines préhistoriques, ces statuettes paléolithiques et néolithiques dont la modernité et l'expressivité continuent d'émerveiller. L'exposition révèle une véritable archéologie du geste, où chaque coulure et chaque empâtement déposé au couteau deviennent l'archive d'une durée. Cette démarche plastique trouve un écho particulièrement remarquable dans l'histoire de l'art national. Elle partage en effet la conviction de l'École de Casablanca, incarnée par Farid Belkahia, Mohamed Melehi et Mohamed Chabâa, celle d'une modernité née de la rencontre entre le geste contemporain et la mémoire des formes.
Zine El Abidine El Amine, qui a étroitement accompagné le projet, souligne cette évolution remarquable. «Il y a eu une évolution considérable depuis l'exposition de Madrid. À Rabat, on ressent véritablement une maturité picturale dans son œuvre», témoigne-t-il.
La Fondation Mohammed VI, pilier de la démocratisation culturelle
Rabat, capitale du Royaume et haut lieu de la vie culturelle, s'imposait comme l'écrin naturel de cet événement. La Fondation Mohammed VI de promotion des œuvres sociales de l'éducation-formation accompagne ce projet avec constance, fidèle à sa mission de soutien à la création artistique. Cette initiative illustre l'engagement de l'institution dans la diffusion culturelle au profit de ses adhérents et du grand public.
Inauguré en 2009, l'espace culturel de Rabat est le maillon fondateur d'un réseau national en pleine expansion. Avec des centres à Tanger, Tétouan et le récent espace inauguré à Oujda, la Fondation poursuit le déploiement de sa programmation à travers le Royaume. Un maillage territorial stratégique qui témoigne de la volonté de rendre la culture accessible à tous les citoyens, conformément à la vision royale d'un Maroc uni et tourné vers l'innovation intellectuelle et artistique.