Risques naturels: le Maroc investit 5 milliards de dirhams
Le Maroc opère un tournant stratégique majeur dans la gestion des risques naturels. Face à l'intensification des aléas climatiques, le Royaume abandonne la logique d'intervention post-crise pour privilégier l'anticipation et la résilience. Portée par le ministère de l'Intérieur, cette vision stratégique s'appuie sur un investissement de 4,87 milliards de dirhams et place le citoyen au cœur du dispositif de sécurité nationale.
Pourquoi le Maroc change-t-il sa stratégie face aux risques naturels?
Les changements climatiques imposent des défis sans précédent aux États. Inondations, séismes, glissements de terrain et tsunamis exigent une réponse institutionnelle adaptée et proactive. Sous l'impulsion des Hautes Orientations Royales, le Maroc transforme profondément son approche géopolitique et sécuritaire. La politique du Royaume ne se contente plus de réparer après la crise. Elle anticipe désormais pour protéger les vies et les infrastructures, bâtissant une véritable résilience sociétale.
Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia souligne que cette mutation stratégique se traduit concrètement sur le plan financier, marquant une rupture avec les pratiques du passé.
Comment les 5 milliards de dirhams sont-ils utilisés?
Le ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit, a détaillé les efforts financiers consentis par l'État. Entre 2015 et la fin du mois d'avril 2026, pas moins de 365 projets de protection et de prévention ont été financés à travers les différentes régions du pays. Cet effort global représente un investissement de 4,87 milliards de dirhams. Le Fonds de lutte contre les effets des catastrophes naturelles soutient cette dynamique à hauteur d'un tiers. Le plan d'action 2021-2026, issu de la Stratégie nationale de gestion des risques naturels, guide ces investissements vers les zones les plus vulnérables.
Quel rôle pour le citoyen dans la prévention des catastrophes?
La réussite de cette stratégie de résilience repose sur l'implication directe des populations. Le citoyen n'est plus un simple spectateur de l'action publique, mais un acteur central de sa propre sécurité. Dans la région de l'Ourika, les riverains participent activement aux exercices de simulation annuels organisés par l'Agence du bassin hydraulique. Ils jouent désormais un rôle crucial pour guider et évacuer les touristes vers des zones sécurisées dès le déclenchement des alarmes face aux crues soudaines.
Pour ancrer cette culture du risque partagée, un guide technique a été conçu pour accompagner les associations de la société civile dans l'encadrement des activités de sensibilisation sur le terrain. Le ministère de l'Intérieur veille à ce que cette vigilance s'inscrive durablement dans le quotidien et s'intègre au système éducatif.
Quels sont les piliers de la résilience nationale?
Cette approche globale repose sur deux piliers majeurs qui constituent le cadre de référence national. Le Programme de gestion intégrée des risques de catastrophes et de la résilience, lancé en 2016, et la Stratégie nationale 2020-2030. Ces deux mécanismes ambitionnent d'unifier les visions sectorielles, de coordonner l'action des multiples intervenants et de maximiser la réactivité de l'appareil d'État face aux situations d'urgence.
Le Programme de gestion intégrée a financé dix-sept projets immatériels dédiés à la formation et à la sensibilisation, illustrant une volonté croissante d'investir dans le capital humain. Parmi ces initiatives, la Direction générale de la protection civile a bénéficié de quatre projets pour un montant de près de trente millions de dirhams. Ces fonds sont destinés à la formation spécialisée des urgentistes, à la préparation de formateurs en premiers secours et à la mise à niveau des organisations non gouvernementales actives dans la gestion des crises.
Combien le Maroc a-t-il investi dans la prévention des risques depuis 2015?
Le Maroc a investi 4,87 milliards de dirhams entre 2015 et avril 2026 pour financer 365 projets de protection et de prévention des risques naturels à travers le pays.
Qui coordonne la stratégie nationale de gestion des risques au Maroc?
Le ministère de l'Intérieur coordonne cette stratégie, en collaboration avec la Direction générale de la protection civile et les acteurs locaux, sous le cadre du plan d'action 2021-2026.
Comment les citoyens participent-ils à la gestion des alertes précoces?
Les habitants des zones exposées, comme à Ourika, jouent un rôle actif en guidant et évacuant les personnes vers des zones sécurisées dès le déclenchement des systèmes d'alerte par les autorités.