Japon : le bilan du séisme de magnitude 7,1 s’alourdit à Kumamoto, les secours mobilisés
Un puissant séisme de magnitude 7,1 a frappé mardi la préfecture de Kumamoto, dans le sud-ouest du Japon, faisant au moins 13 morts et d’importants dégâts matériels. Les équipes de secours poursuivaient mercredi leurs recherches sous les décombres, notamment dans un centre commercial effondré, tandis que la Première ministre Sanae Takaichi a promis une mobilisation totale de l’État.
Un bilan humain qui s’alourdit
La Première ministre Sanae Takaichi a confirmé mercredi un bilan de 13 décès, tout en précisant que « des dégâts considérables ont été constatés, notamment des victimes, des effondrements de bâtiments, des incendies et des dommages sur les routes ». Deux personnes ont perdu la vie dans un complexe commercial de Kashima, en périphérie de Kumamoto, dont un étage s’est effondré après une explosion probablement due à des fuites de gaz. Un responsable local a indiqué qu’une troisième personne se trouvait en arrêt cardio-respiratoire.
Les secours toujours à l’œuvre
Environ 130 policiers, 450 pompiers et 170 militaires sont déployés sur place, selon le gouvernement. Huit personnes ont été secourues, dont cinq blessées. La police a toutefois jugé « certain que certains employés restent prisonniers » à l’intérieur du centre commercial, mais a reconnu qu’il était difficile d’y pénétrer faute de voie d’accès sécurisée.
Par ailleurs, deux personnes sont en arrêt cardio-respiratoire dans une usine de papier de Nippon Paper, à Yatsushiro, où une cheminée s’est effondrée. Neuf autres personnes y sont toujours portées disparues.
Plus de 9 000 personnes évacuées
Le gouvernement japonais a annoncé que plus de 9 000 personnes avaient trouvé refuge dans des centres d’évacuation durant la nuit. Sept personnes sont grièvement blessées et 29 autres le sont plus légèrement. Le séisme, survenu mardi à 16h27 (07h27 GMT), a atteint le niveau maximal de 7 sur l’échelle d’intensité japonaise. Des images diffusées par la NHK montrent des incendies, des ponts endommagés, un train de marchandises déraillé et des habitations menaçant de s’écrouler.
Témoignages et conséquences locales
Kanzo Matsumoto, 73 ans, gérant de l’hôtel thermal Kinparo à Yatsushiro, a confié à l’AFP : « C’était le séisme le plus violent que j’aie jamais vécu. Les murs et les fenêtres ont été endommagés. Le portail principal, classé bien culturel national, s’est effondré. L’eau est coupée. Je crains que cela n’ait un impact majeur sur notre tourisme. »
De nombreuses routes ont été fermées et la circulation des trains à grande vitesse Shinkansen a été partiellement suspendue. Un mur du château de Kumamoto, vieux de plusieurs siècles, s’est partiellement effondré.
Situation nucléaire et réseaux
Aucune anomalie immédiate n’a été constatée dans les centrales nucléaires. Toutefois, environ 36 900 foyers et installations restaient privés d’électricité mercredi dans la préfecture de Kumamoto, et près de 84 000 foyers connaissaient des perturbations de l’alimentation en eau.
Un pays habitué aux séismes
Le Japon, situé à la jonction de quatre grandes plaques tectoniques, est l’un des pays les plus exposés aux tremblements de terre. En 2016, deux séismes dévastateurs (magnitude 6,5 puis 7,3) avaient frappé Kumamoto, faisant 273 morts. Le pays reste marqué par le gigantesque séisme sous-marin de magnitude 9 de 2011, qui avait déclenché un tsunami et provoqué la catastrophe de Fukushima.
Quelles sont les causes de ce séisme ?
Le séisme est dû à la subduction de la plaque philippine sous la plaque eurasienne, une zone de forte activité tectonique qui traverse l’archipel nippon. La magnitude de 7,1 a été confirmée par l’Agence météorologique japonaise (JMA) et évaluée à 6,8 par l’Institut géologique américain (USGS).
Comment le Japon se prépare-t-il à de tels événements ?
Le Japon dispose d’un système d’alerte précoce parmi les plus avancés au monde, avec des exercices réguliers, des normes de construction antisismiques strictes et une coordination rapide des secours. La Première ministre Sanae Takaichi a salué la réactivité des équipes déployées.
Quel est l’impact sur la région de Kyushu ?
La région de Kyushu, où se trouve Kumamoto, est une zone agricole et touristique importante. Les perturbations des transports, les coupures d’eau et d’électricité, ainsi que les dégâts aux infrastructures risquent d’affecter l’économie locale à court terme. Les autorités travaillent à rétablir les services essentiels.