11-Septembre : l'Amérique commémore les 25 ans des attentats
Vingt-cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis ont rendu hommage aux victimes lors de cérémonies sobres et émouvantes, marquées par la lecture des noms des près de 3 000 disparus à Ground Zero, à New York. L'événement, qui s'est déroulé vendredi, a réuni quatre anciens présidents américains, mais pas Donald Trump, qui a choisi de s'exprimer depuis le Pentagone.
Une commémoration sous le signe du recueillement et de la transmission
À Manhattan, les proches des victimes ont consacré la matinée à la lecture solennelle des noms des victimes, dans un quartier bouclé pour l'occasion. Des chaises vides, au nombre de 2 753, ont été disposées à Bryant Park, symbolisant les vies fauchées ce jour-là dans la ville. Anthony Romano, 65 ans, une fleur blanche à la main, a confié : « Leur vie leur a été volée sans aucune raison. Elles méritent qu'on se souvienne d'elles. »
John Fila, pompier ayant participé aux sauvetages, a souligné la difficulté particulière de ce 25e anniversaire : « Chaque année, c'est une période très difficile pour nous, cette année d'autant plus que nous arrivons au cap des 25 ans. »
La présence de Zohran Mamdani, un symbole d'évolution
Parmi les officiels, le vice-président JD Vance et les anciens présidents Joe Biden, Barack Obama, Bill Clinton et George W. Bush ont assisté à la cérémonie. Une place particulière était réservée à Zohran Mamdani, 34 ans, premier maire de New York à avoir prêté serment sur un Coran. Sa présence a suscité des critiques, notamment de Rudy Giuliani, maire au moment des attentats, qui s'est dit « offensé ». Une manifestation anti-islam a d'ailleurs rassemblé quelques dizaines de personnes aux abords de l'hôtel de ville.
Cette évolution reflète les changements profonds de la société américaine, comme l'explique le politologue Lincoln Mitchell : « En 2001, la population musulmane de New York était moins importante et n'avait pratiquement aucun poids politique. Depuis, la situation a considérablement changé. »
Un devoir de mémoire qui se tourne vers l'avenir
Le Musée-Mémorial du 11-Septembre, désormais présidé par Beth Hillman, met l'accent sur la transmission et la pédagogie, car environ « 100 millions d'Américains n'étaient pas encore nés ou trop jeunes pour avoir un souvenir » des événements. La CIA a, de son côté, déclassifié plus de 70 notes de renseignements présidentiels sur Al-Qaïda, dans un souci de transparence historique.
Au-delà des 2 977 personnes décédées le jour des attentats, plus de 9 400 autres sont mortes depuis de maladies liées à leur exposition aux poussières toxiques, selon le programme fédéral de suivi médical. Des documents récemment publiés par Zohran Mamdani pourraient mettre en cause d'anciens responsables, dont Rudy Giuliani et Michael Bloomberg.
Cette commémoration, marquée par la solennité et la réflexion, rappelle la résilience d'une nation face à l'épreuve, tout en interrogeant les leçons tirées de cette tragédie.