Transport de marchandises : les routiers marocains demandent une modernisation des règles de vitesse
Les professionnels du transport routier de marchandises au Maroc réclament une révision de la réglementation qui limite leur vitesse à 70 km/h, une norme héritée des années cinquante. Cette demande, portée par les syndicats du secteur, vise à adapter le cadre juridique aux réalités techniques des véhicules modernes et aux exigences de compétitivité économique dans un contexte de mondialisation des échanges.
Selon le quotidien Al Ahdath Al Maghribia, les transporteurs souhaitent que la vitesse maximale autorisée pour les poids lourds, dont le poids total en charge peut atteindre quarante tonnes, soit relevée. Ils estiment que cette mesure contribuerait à réduire les coûts opérationnels et à améliorer la rentabilité de la chaîne logistique nationale.
Une réglementation dépassée face aux véhicules modernes
Les acteurs du secteur soulignent que les camions actuels sont équipés de systèmes d'aide à la conduite avancés, tels que le freinage d'urgence ABS ou les régulateurs électroniques de vitesse. Ces technologies garantissent une meilleure stabilité et un contrôle accru, même sur de longues distances, ce qui rend la limite de 70 km/h obsolète selon eux.
La question de la vitesse est également liée à la rentabilité globale du secteur. Des délais d'acheminement réduits permettent d'optimiser l'utilisation de la flotte, de diminuer la consommation de carburant par voyage et de réduire les coûts de maintenance. Dans un contexte d'intégration accrue du Maroc dans les flux commerciaux internationaux, notamment avec l'Europe, ces facteurs deviennent déterminants pour la survie des entreprises nationales.
Une harmonisation nécessaire avec les normes internationales
Sur le plan international, les transporteurs marocains effectuant des liaisons transfrontalières se trouvent confrontés à des cadres réglementaires divergents. Les normes européennes imposent un bridage technique de la vitesse à quatre-vingt-dix kilomètres par heure pour les véhicules lourds, tout en laissant chaque État fixer ses limites légales. Les professionnels locaux plaident pour une harmonisation du cadre national, non pas pour autoriser une vitesse uniforme sur l'ensemble du réseau, mais pour adapter les règles en fonction du profil des voies, du type de véhicule et des conditions de circulation.
Un traitement global des problématiques du secteur
Outre la vitesse, les représentants du secteur réclament un traitement global des problématiques de la profession. Ils demandent notamment le renforcement des contrôles contre le transport informel, la lutte contre la surcharge des véhicules, l'amélioration des aires de repos et la mise en place de conditions de travail équitables. Selon eux, l'ajustement des règles de circulation doit s'accompagner d'une modernisation complète de l'écosystème logistique pour concilier impératifs de sécurité, exigences environnementales et performance économique.
Cette revendication s'inscrit dans une dynamique plus large de modernisation du secteur du transport au Maroc, un maillon essentiel de l'économie nationale et de son intégration régionale et internationale.