El Niño: l'ONU alerte sur un épisode d'une intensité exceptionnelle
L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé, jeudi, qu'El Niño est désormais « solidement installé » et qu'il devrait se renforcer pour atteindre une intensité « très forte » dans les prochains mois. Selon les dernières prévisions, ce phénomène climatique a une probabilité de près de 100 % de se maintenir jusqu'en février 2027.
Cette mise à jour de l'OMM intervient alors que le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a exprimé son inquiétude face à l'ampleur exceptionnelle du phénomène. « La science est sans équivoque: la planète s'engage en eaux inconnues, et ces eaux se réchauffent », a-t-il déclaré, soulignant que les températures de surface de la mer atteignent des niveaux records.
Un phénomène naturel amplifié par le changement climatique
El Niño est un phénomène naturel qui se manifeste tous les deux à sept ans, caractérisé par un réchauffement des eaux de surface dans le Pacifique équatorial central et oriental. Ce réchauffement entraîne des modifications majeures des régimes de vents, de pression et de précipitations à l'échelle mondiale.
Les relevés effectués entre fin juillet et mi-août montrent des températures de surface de la mer supérieures de 2,2°C à 2,6°C à la moyenne, tandis que sous la surface de l'océan, certaines zones enregistrent des écarts de plus de 8°C. Ces conditions confirment la persistance et le renforcement du phénomène.
Des conséquences mondiales attendues
Historiquement, El Niño a provoqué ou intensifié des sécheresses et des risques d'incendies dans certaines régions de l'Amazonie, d'Amérique centrale, d'Indonésie et d'Australie, ainsi que des perturbations de la mousson en Inde et des pluies diluviennes dans l'est de l'Afrique. Depuis 1950, sept épisodes ont atteint le niveau « très fort », le plus intense étant celui de 1982-1983.
La secrétaire générale de l'OMM, Celeste Saulo, a insisté sur l'urgence d'agir: « Cet épisode El Niño exceptionnel exige une préparation et une réaction exceptionnelles. Il n'y a pas de temps à perdre. »
Quel impact pour le Maroc et l'Afrique?
Si les effets d'El Niño varient selon les régions, l'Afrique de l'Est pourrait connaître des pluies diluviennes, tandis que d'autres zones du continent pourraient subir des sécheresses. Pour le Maroc, les prévisions saisonnières indiquent une probabilité accrue de températures supérieures à la normale sur la quasi-totalité des terres émergées, ce qui pourrait avoir des implications pour l'agriculture et la gestion des ressources en eau.
Les scientifiques prévoient également que l'année 2027 pourrait être la plus chaude jamais enregistrée, en raison de la libération de la chaleur emmagasinée dans l'océan. Cette perspective souligne l'importance d'une coopération internationale renforcée pour faire face aux défis climatiques.
« Une course contre la montre se joue désormais entre l'aggravation des risques et notre détermination à agir pour le climat et à protéger les populations. C'est une course que nous devons gagner », a exhorté Antonio Guterres.
FAQ: Questions fréquentes sur El Niño
Qu'est-ce qu'El Niño et pourquoi est-il si fort cette année?
El Niño est un phénomène climatique naturel qui se produit tous les deux à sept ans, caractérisé par un réchauffement anormal des eaux de surface dans le Pacifique équatorial. Cette année, les températures océaniques sont nettement supérieures à la moyenne, atteignant des niveaux records qui indiquent un épisode de très forte intensité.
Quelles sont les régions les plus vulnérables aux effets d'El Niño?
Les régions les plus vulnérables incluent l'Amazonie, l'Amérique centrale, l'Indonésie, l'Australie, l'Inde et l'Afrique de l'Est. Ces zones peuvent connaître des sécheresses, des incendies, des perturbations de la mousson ou des pluies diluviennes, selon la configuration du phénomène.
Comment El Niño affecte-t-il le climat mondial?
El Niño modifie les régimes de vents, de pression et de précipitations à l'échelle mondiale, entraînant des températures supérieures à la normale sur la quasi-totalité des terres émergées. Il peut également amplifier les effets du changement climatique, provoquant des événements météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses.