Bien-être animal au Maroc : une campagne française pour une application équilibrée de la loi
L'organisation française A.H.S.L-A.M. a lancé au Maroc une campagne intitulée « Main dans la main, ensemble contre la maltraitance animale ». Cette initiative intervient alors que le débat se poursuit autour de la loi n° 19-25 relative à la protection des animaux errants, à leur prise en charge et à la prévention de leurs dangers. L'objectif : renforcer la protection des animaux tout en favorisant une lecture objective et humaine du texte législatif.
Une loi qui ne se limite pas aux sanctions
Le débat public autour de la loi n° 19-25 s'est largement focalisé sur l'interdiction de nourrir les animaux errants ou de les abriter dans les espaces publics, ainsi que sur les sanctions financières qui en découlent. Or, une lecture complète du texte révèle de nombreuses dispositions protectrices. L'organisation française souligne qu'une approche objective doit également prendre en compte les mécanismes de protection et d'organisation de la prise en charge des animaux.
Des sanctions pénales claires contre la maltraitance
La loi prévoit des sanctions pénales à l'encontre de toute personne qui tue intentionnellement un animal errant, le torture ou le blesse. Les peines peuvent aller de deux à six mois d'emprisonnement et d'une amende de 5 000 à 20 000 dirhams. Des exceptions sont prévues pour les cas d'euthanasie réalisés conformément aux conditions légales et sous supervision vétérinaire.
Le texte impose également des amendes variables contre ceux qui entravent le travail des centres et commissions de surveillance des animaux errants, ou qui exposent intentionnellement un animal à un danger. Des sanctions sévères sont prévues pour la création ou la gestion d'un centre de soins sans autorisation requise.
Le rôle essentiel des centres de soins
La loi définit des missions précises pour les centres de soins des animaux errants : collecte et transport des animaux par des moyens appropriés, accueil, identification, évaluation de l'état de santé et comportemental, fourniture de nourriture, de soins et de vaccination. Ces centres doivent également adopter des méthodes scientifiques pour limiter la reproduction, avec la possibilité de relâcher les animaux dans un environnement approprié après stérilisation, vaccination et identification.
Un appel à une approche équilibrée
La campagne souligne que la protection des animaux ne devrait pas se transformer en criminalisation des initiatives individuelles fondées sur la compassion et la bienfaisance. Elle appelle à la mise à disposition de centres de soins qualifiés, équipés des ressources humaines et vétérinaires nécessaires, afin que la loi soit appliquée d'une manière qui garantisse à la fois la sécurité des citoyens et le bien-être des animaux.
L'organisation préconise une approche équilibrée basée sur le bien-être animal, la stérilisation, la vaccination, les soins et la sensibilisation, plutôt qu'une logique exclusivement répressive. Elle rappelle également que l'Islam incite à la compassion envers les animaux et à leur bon traitement.
Quelles perspectives pour l'application de la loi sur le terrain ?
Cette campagne rouvre le débat sur la mise en œuvre concrète de la loi n° 19-25. La question centrale reste la préparation des collectivités et des centres de soins à assumer leurs nouvelles compétences. L'enjeu : traiter le phénomène des animaux errants selon une approche légale, humaine et durable, en phase avec les valeurs de compassion et de responsabilité qui caractérisent la société marocaine.
Le Maroc, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, continue de moderniser son cadre législatif tout en préservant ses valeurs spirituelles et humaines. Cette dynamique s'inscrit dans une vision globale de développement durable, respectueuse de l'environnement et du vivant.