Belgique : un incendie historique ravage les Fagnes et se rapproche de l'Allemagne
La Belgique fait face ce week-end à l'un des incendies les plus dévastateurs de son histoire récente. Le feu, qui a déjà consumé près de 3.000 hectares dans la réserve boisée des Fagnes, dans l'est du pays, se rapproche dangereusement de la frontière allemande, à environ 2.500 mètres. Les autorités belges ont mobilisé d'importants moyens terrestres et aériens pour tenter de maîtriser ce sinistre d'une ampleur exceptionnelle.
Une mobilisation exceptionnelle des pompiers et des agriculteurs
Depuis vendredi, des centaines de pompiers belges luttent sans relâche contre les flammes dans cette forêt prisée des randonneurs. Grégory Mélotte, pompier enchaînant sa troisième rotation dans le secteur, témoigne de la détermination des équipes : « On tient le coup parce que tout le monde veut que ça s'éteigne. » Il précise que les efforts ont permis de « limiter la casse pour éviter que ça prenne dans les grands sapins », tout en reconnaissant que l'incendie n'est « pas sous contrôle ».
Les agriculteurs de la région ont également apporté leur soutien précieux aux soldats du feu. Jean-Pierre Robert, hôtelier près du lac de Robertville, explique : « Actuellement, on a une quinzaine de tracteurs qui font la file pour se ravitailler. On a bougé nos vaches et on a ouvert toutes nos barrières pour donner accès à ce plan d'eau stratégique. »
Un feu complexe qui menace l'Allemagne
Le colonel Burette, commandant d'une des zones de secours, qualifie cet incendie de « complexe » en raison du terrain escarpé et boisé. La configuration particulière du site empêche les pompiers de s'approcher au plus près des flammes, et l'origine du feu reste encore inconnue.
La proximité avec la frontière allemande suscite une inquiétude particulière. « Il est possible qu'on atteigne l'Allemagne si on n'arrive pas à circonscrire le feu puisqu'on n'est plus qu'à 2.500 m de la frontière », a déclaré le colonel Burette en milieu de journée dimanche. La ville allemande de Monschau a d'ailleurs recommandé à certains de ses habitants de quitter leur domicile en raison des risques liés à la fumée.
Une aide européenne coordonnée
Face à l'ampleur du sinistre, la Belgique a fait appel à ses partenaires européens. Un ballet d'hélicoptères de la police fédérale belge et des Pays-Bas s'est mis en place dimanche matin pour larguer de l'eau sur les flammes, rejoints dans l'après-midi par deux bombardiers d'eau suédois. Le Premier ministre belge Bart De Wever a remercié les « partenaires européens pour l'aide qu'ils nous apportent ».
Cet incendie survient dans un contexte de fortes chaleurs et de sécheresse qui touche une grande partie de l'Europe. Le mercure est monté jusqu'à 37°C dans certaines régions de Belgique vendredi. L'odeur de fumée a été ressentie jusqu'à Namur, à plus de 100 kilomètres du sinistre, et le département français de la Moselle a déclenché une procédure d'alerte à la pollution atmosphérique.
Aucune habitation n'a jusqu'ici été touchée, mais les autorités restent vigilantes face à l'augmentation du vent qui pourrait compliquer encore davantage la tâche des pompiers.
Quelles sont les conséquences de cet incendie pour la région ?
Cet incendie, le plus important de l'histoire belge récente, ravage une zone naturelle précieuse. Un feu en 1911 avait déjà dévasté cette même région. Les autorités belges poursuivent leurs efforts pour circonscrire les flammes, avec le soutien de leurs partenaires européens, dans l'espoir de protéger les habitants et les écosystèmes menacés.