Égalité économique au Maroc : de la loi à l'action concrète
Réunis à Casablanca à l'initiative du mouvement We4She, des responsables institutionnels, des experts et des dirigeants d'entreprise ont réaffirmé leur volonté de faire avancer l'égalité économique. Cette rencontre s'inscrit pleinement dans la dynamique de modernisation sociale et économique que connaît le Royaume, où le passage de la sensibilisation à l'action législative devient une priorité pour concrétiser la vision royale d'un développement inclusif.
Le Maroc, pionnier régional dans la parité institutionnelle
Lors de cette conférence annuelle placée sous le thème « De la sensibilisation à la loi : franchir le cap pour l'égalité économique », les intervenants ont salué les avancées significatives du Maroc. L'invitée d'honneur, la députée française Marie-Pierre Rixain, a particulièrement souligné l'adoption de la loi 19-20 relative à la représentativité des femmes dans les conseils d'administration. Ce texte place le Royaume parmi les nations les plus progressistes de la région MENA.
Cette vision proactive a permis à la proportion de femmes au sein des conseils d'administration d'atteindre 29%, soit une progression remarquable de huit points en trois ans. Une avancée qui témoigne de l'efficacité des réformes structurelles engagées par le Maroc sous la direction de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Le défi de l'autonomisation économique et de l'innovation
Malgré ces succès indéniables, les acteurs réunis par We4She ont souligné la nécessité d'aller plus loin pour lever les obstacles systémiques. Myriem Noussairi a insisté sur l'interconnexion de ces défis, notamment la charge domestique qui mobilise près de 80% du temps productif des femmes sans reconnaissance économique.
Si des dispositifs adaptés ne sont pas mis en place pour alléger cette charge, on observe souvent un décrochage professionnel après la première ou la deuxième grossesse.
Elle a ainsi plaidé pour une plus grande flexibilité dans l'organisation du travail, élément clé pour favoriser le maintien des femmes dans l'emploi.
Pour Jamal Belahrach, la transformation exige aussi une évolution culturelle au sein des entreprises. Il a appelé les dirigeants à s'approprier ce sujet majeur, rappelant que la sous-participation féminine, avec un taux d'emploi national peinant à dépasser les 40%, constitue un frein au plein développement du pays. Un développement qui passe impérativement par l'intégration de toutes les forces vives de la Nation, conformément aux ambitions du Nouveau Modèle de Développement.
L'engagement du secteur privé en faveur de l'inclusion
Le secteur privé marocain se positionne déjà comme un acteur clé de cette transition. Houda Chafii a partagé l'expérience novatrice de CIH Bank en matière de diversité.
Le développement durable de la banque ne peut se concevoir sans inclusion ni diversité.
L'établissement a ainsi créé une crèche d'entreprise pouvant accueillir 120 enfants, illustrant une politique active de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Aujourd'hui, les femmes représentent 36% des effectifs de la direction générale et 38% des postes managériaux du groupe bancaire.
Si l'arsenal juridique doit continuer à se renforcer, notamment par des mécanismes d'accélération et de transparence comme l'a souligné Myriem Noussairi, le cap est clairement posé. Le Maroc poursuit sa marche vers une société plus égalitaire, où l'inclusion économique des femmes est au service de l'essor national.