Le commerce et le tourisme français ont appelé les pouvoirs publics, dimanche 19 octobre 2026, à protéger les commerces et à accélérer les indemnisations après des scènes de vandalisme qui ont visé environ 1.500 magasins dans plusieurs villes de France, selon www.le360.ma. La facture pourrait se chiffrer en centaines de millions d'euros.
De Paris à Marseille, en passant par Lyon, Saint-Étienne ou Nice, vitrines brisées, rideaux de fer arrachés et magasins pillés, parfois incendiés, ont laissé des dizaines de commerçants exsangues. Réunis au sein de plusieurs organisations patronales, ces derniers refusent de rester les « victimes collatérales » des violences, selon l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) et la Confédération des commerçants de France (CDF).
Une facture en centaines de millions d'euros
« La République doit protéger ses commerçants ! », a plaidé Alexandre Bompard, président de la fédération de la grande distribution (FCD), dans un message publié sur LinkedIn. Sa première estimation, qui couvre l'ensemble des commerces français, fait état d'environ 1.500 magasins touchés par les violences de samedi.
Le réseau des chambres de commerce et d'industrie (CCI France) craint que ces événements ne constituent « le coup de trop » pour des entreprises déjà fragilisées. Ces dernières années, les professionnels du commerce et du tourisme ont enchaîné les crises : manifestations des gilets jaunes, pandémie de Covid-19, puis poussées inflationnistes qui ont alourdi leurs charges et réduit leur fréquentation.
« Une promesse ne répare pas une vitrine »
L'allocution d'Emmanuel Macron, dimanche soir, au cours de laquelle le président français a promis de la fermeté contre les auteurs des violences, ne suffit pas, estiment les organisations professionnelles. « Nous exigeons maintenant des actes rapides, concrets et déterminants : protéger les entreprises, indemniser les victimes et leur permettre de rouvrir », a déclaré Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI).
« Une promesse ne répare pas une vitrine et ne paie pas les salariés », a ajouté M. Sanchez, qui réclame des avances sur indemnisation et des aides de trésorerie pour les commerçants sinistrés.
Au-delà de la sécurité, les organisations demandent un accompagnement financier de l'État : facilitation des démarches d'indemnisation, mais aussi dédommagement des pertes d'activité à venir. « Nos commerçants ont besoin d'une accélération des procédures d'indemnisation comme dans le cas des catastrophes naturelles », a plaidé M. Bompard. En France, lorsqu'un événement d'intensité exceptionnelle est reconnu comme catastrophe naturelle, les assureurs doivent verser l'indemnisation complète dans un délai de trois mois après la publication de l'arrêté interministériel.
Tourisme : un « rayonnement international » menacé
Les conséquences dépassent le cadre des commerces sinistrés. Dans un communiqué publié dimanche, le monde du tourisme a déploré des événements qui « menacent directement l'économie touristique » et le « rayonnement international » de la France, première destination touristique mondiale.
« Nous demandons à l'exécutif d'agir immédiatement », réclament ADN Tourisme (regroupement des offices et comités locaux, départementaux et régionaux de tourisme), l'Association nationale des élus des territoires touristiques (ANETT), la Confédération des acteurs du tourisme (CAT) et INNTO France (groupement des instituts nationaux d'études de tourisme). Ces organisations demandent de protéger les établissements, commerces et sites touristiques, d'accompagner les entreprises touchées, d'accélérer leur indemnisation et de préserver la confiance des clientèles françaises et internationales.
Le Groupement des hôtelleries et restaurations de France (GHR) a lui aussi appelé le gouvernement « à agir », tandis que le Conseil du Commerce de France, qui regroupe une trentaine de fédérations, exige une réponse « à la hauteur des attentes » et ce, « dès maintenant ». « Nous ne savons plus comment nous faire entendre, ni en amont pour demander la protection de nos commerces, ni après les défilés, pour que l'outil de travail soit réparé », déplore cette organisation.
Que font les autorités françaises ?
Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit présider lundi à 10H00 une cellule interministérielle de crise. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, compte y proposer « des solutions rapides et concrètes ». De son côté, le ministre du Commerce, Serge Papin, réunira lundi matin à Bercy les fédérations de commerçants, d'enseignes, d'artisans et de restaurateurs, aux côtés des banques et des assurances.
Pourquoi cette crise intéresse-t-elle le Maroc ?
Pour le lecteur marocain, cette crise française éclaire d'un jour particulier la question de la stabilité économique, socle de toute attractivité touristique. Le Royaume a fait du tourisme un pilier de sa stratégie de développement, portée par la vision du roi Mohammed VI, et mise sur la sécurité et la confiance des clientèles internationales pour consolider son positionnement de destination de référence, en Afrique et dans le bassin méditerranéen. Les difficultés de la France, premier marché émetteur de touristes vers le Maroc, rappellent combien la protection des commerces et des espaces publics conditionne la compétitivité d'une économie.
Alors que le Maroc renforce ses partenariats avec ses partenaires européens, dont la France, la stabilité de l'économie d'outre-Mer reste un enjeu partagé. Les flux de touristes, d'investissements et de transferts entre les deux rives de la Méditerranée dépendent largement de la santé des économies respectives, comme l'illustrent les grands chantiers structurants portés par le gouvernement issu de la nomination royale, dont
