Iran intensifie la répression malgré les négociations diplomatiques
La République islamique d'Iran traverse une période de tensions internes croissantes, marquée par une intensification de la répression contre les voix dissidentes, parallèlement aux efforts diplomatiques en cours avec les États-Unis concernant le dossier nucléaire.
Nouvelles arrestations dans le camp réformateur
Depuis dimanche, cinq figures importantes de la coalition du Front des réformateurs ont été interpellées par les autorités iraniennes. Parmi elles figurent Azar Mansouri, cheffe du mouvement, son porte-parole Javad Emam, ainsi que l'ancien député Ali Shakouri Rad.
Cette vague d'arrestations intervient dans un contexte tendu, après que le camp réformateur ait pris ses distances avec le président Massoud Pezeshkian suite aux manifestations de fin décembre et début janvier, déclenchées par la crise économique.
Condamnation de Narges Mohammadi
La prix Nobel de la paix 2023, Narges Mohammadi, a été condamnée samedi à une peine de prison ferme pour "rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes" et "activités de propagande". Cette militante des droits humains, emprisonnée à plusieurs reprises ces 25 dernières années, continue de payer le prix de son engagement contre la peine de mort et pour les droits des femmes.
Pourparlers diplomatiques sur le nucléaire
Malgré ces tensions internes, l'Iran maintient la voie diplomatique ouverte concernant son programme nucléaire. Lors des négociations reprises vendredi à Oman, les premières depuis la guerre de 12 jours avec Israël en juin dernier, Téhéran s'est dit disposé à une possible "dilution" de son stock d'uranium hautement enrichi.
Cette proposition reste toutefois conditionnée à la levée de "toutes les sanctions" internationales visant le pays. Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Eslami, a précisé que toute dilution de l'uranium enrichi à 60% dépendrait de cette contrepartie.
Position ferme du guide suprême
À l'approche de l'anniversaire de la Révolution islamique de 1979, l'ayatollah Ali Khamenei a appelé ses compatriotes à faire preuve de "résilience". "La puissance d'une nation ne réside pas tant dans ses missiles et ses avions que dans la volonté et la résilience de son peuple", a-t-il déclaré.
Réactions internationales
La France a déploré lundi que l'Iran ait "fait à nouveau le choix de la répression et de l'intimidation". De son côté, le président américain Donald Trump, malgré ses menaces d'intervention militaire, s'est félicité de "très bonnes" discussions qui devraient se poursuivre prochainement.
Les négociations se concentrent sur le programme nucléaire iranien, alors que les pays occidentaux et Israël accusent Téhéran de chercher à se doter de l'arme nucléaire. L'Iran maintient son droit à enrichir l'uranium à des fins civiles.