Trump annonce une rencontre avec Kim Jong Un et écourte les exercices militaires avec Séoul
Le président américain Donald Trump a confirmé mercredi qu'il rencontrerait le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un avant la fin de l'année, une annonce qui intervient alors que les exercices militaires conjoints entre Washington et Séoul ont été écourtés à sa demande. Cette décision, qualifiée d'« inhabituelle » par un responsable militaire sud-coréen, marque un tournant dans la posture américaine sur la péninsule coréenne.
Une quatrième rencontre historique entre Trump et Kim Jong Un ?
Interrogé par des journalistes lors d'une visite de chantiers à la Maison Blanche, Donald Trump a répondu « Oui, je le rencontrerai » à propos d'une éventuelle entrevue avec Kim Jong Un avant la fin de l'année. Selon plusieurs observateurs, cette rencontre, qui serait la quatrième entre les deux hommes, pourrait avoir lieu en novembre en marge du sommet de l'Apec (Coopération économique de l'Asie-Pacifique) en Chine.
Depuis son premier mandat (2017-2021), le président américain se targue d'entretenir une relation privilégiée avec le leader nord-coréen, dont le pays est pourtant considéré comme une menace majeure pour la sécurité des Etats-Unis par le renseignement américain.
Des exercices militaires écourtés sur décision de Washington
Les manoeuvres conjointes « Ulchi Freedom Shield », qui ont débuté lundi, ont vu leur durée réduite de six jours. Le Pentagone assure toutefois préserver les « objectifs » militaires américains. Donald Trump a justifié cette décision en estimant que ces exercices envoyaient « un signal totalement inapproprié et hostile » à Pyongyang, les qualifiant même de « très insultants pour quelqu'un qui, franchement, en tous cas pendant mon mandat, s'est très bien conduit ».
Cette décision constitue un revers de taille pour Séoul, allié historique des Etats-Unis. Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères Cho Hyun a expliqué devant le Parlement que Séoul n'avait pas été prévenu au préalable. Un responsable militaire sud-coréen a reconnu auprès de l'AFP que cette décision était « inhabituelle ».
Kim Yo Jong minimise l'initiative américaine
Kim Yo Jong, soeur influente du leader nord-coréen, a affirmé mercredi qu'elle n'était « pas du tout au courant » d'une quelconque communication entre son frère et Donald Trump. Tout en soulignant que les relations entre eux restaient « excellentes », elle a ajouté que la décision américaine « ne mérite pas d'être commentée » et qu'elle est « dénuée d'intérêt », selon un communiqué.
Des estimations divergentes sur l'arsenal nucléaire nord-coréen
Donald Trump a également livré une estimation officielle inhabituelle et très précise de l'arsenal nucléaire nord-coréen, évoquant « 57 armes nucléaires ». « Cela n'aurait jamais dû arriver. (...) Si j'avais été président, je ne l'aurais pas permis », a ajouté le dirigeant républicain.
De son côté, le ministre sud-coréen de la Défense Ahn Gyu-back a précisé jeudi devant le Parlement que Séoul estimait le nombre d'armes nucléaires possédées par le Nord « à environ 80 à 120 ». La Corée du Nord n'est pas reconnue officiellement comme une puissance nucléaire par les Etats-Unis.
Quel impact sur la diplomatie régionale ?
« La suspension des exercices conjoints a toujours été une condition préalable pour que la Corée du Nord s'engage dans un dialogue avec les Etats-Unis », observe pour l'AFP Park Won-gon, professeur à l'université Ewha. Cette « réduction pourrait avoir un impact positif » en ce sens, estime-t-il.
Dans ce contexte, la Chine, un des principaux alliés de Pyongyang, a confirmé mercredi que son ministre des Affaires étrangères Wang Yi se rendrait à Séoul pour y rencontrer le président Lee. Pékin a par le passé régulièrement affiché sa volonté de tempérer son allié nord-coréen, mais Pyongyang joue de plus en plus de ses liens renforcés avec Moscou, selon les observateurs.
Les Etats-Unis entretiennent un contingent de 28.500 militaires en Corée du Sud, l'un de leurs principaux déploiements en Asie. Une partie d'entre eux devait être mobilisée au côté de 18.000 militaires sud-coréens pour ces exercices, qui devaient initialement se poursuivre jusqu'au 27 août.