Le gouvernement marocain a acté, pour l'exercice budgétaire 2026, la création de 34.454 postes budgétaires, en légère baisse par rapport aux 36.895 postes ouverts en 2025. La répartition, dévoilée fin octobre, confirme une priorité claire: la sécurité nationale et les services sociaux concentrent près de 72% des créations.
Le ministère de l'Intérieur arrive largement en tête avec 14.200 postes, suivi de l'Administration de la défense nationale avec 5.500 et du ministère de la Santé avec 5.400, selon une revue de presse publiée par www.le360.ma et tirée du quotidien L'Economiste du 30 octobre.
Une marge de manœuvre laissée à la cheffe du gouvernement
Sur le total des postes créés, 500 pourront être répartis librement par la cheffe du gouvernement entre les différents départements ministériels et institutions. Une mesure sociale accompagne cette enveloppe: 200 postes seront réservés aux personnes en situation de handicap, afin de favoriser leur insertion professionnelle dans la fonction publique.
Le ministère de l'Économie et des Finances recevra 2.460 postes, celui de l'Enseignement supérieur 1.920, et la Délégation générale à l'administration pénitentiaire 1.500. Les autres institutions se voient attribuer moins de mille postes chacune.
Éducation nationale : 600 postes pour régulariser les carrières académiques
Le secteur de l'éducation bénéficie d'un dispositif particulier. À compter du 1er janvier 2026, 600 postes supplémentaires seront consacrés, au sein du ministère de l'Éducation nationale, à la régularisation de la situation des fonctionnaires régis par le statut particulier de ce département. La mesure concerne les titulaires d'un doctorat, ou d'un diplôme reconnu équivalent, ayant réussi le concours d'accès au corps des enseignants-chercheurs de l'éducation et de la formation.
Cette opération s'accompagnera de la suppression simultanée des postes que ces fonctionnaires occupaient avant leur transition, afin de contenir la masse salariale globale.
Pourquoi la masse salariale de l'État continue-t-elle d'augmenter ?
Les crédits octroyés au département de l'Éducation nationale dans le projet de loi de finances 2026 s'élèvent à 106,9 milliards de dirhams, en nette progression par rapport à l'exercice précédent. Cette hausse est principalement imputable à l'augmentation de la masse salariale, sous l'effet de la mise en œuvre du statut particulier révisé des fonctionnaires et des mesures d'accompagnement destinées à revaloriser les métiers de l'enseignement.
Sur la dernière décennie, cette dynamique de renforcement des effectifs s'est traduite par la création de plus de 290.000 postes budgétaires civils, auxquels s'ajoutent les recrutements massifs effectués par les académies régionales d'éducation et de formation pour répondre aux besoins croissants du système éducatif.
Le défi démographique : 70.000 départs à la retraite d'ici 2030
La structure démographique de l'administration publique révèle un défi majeur lié au vieillissement des effectifs. Les fonctionnaires de moins de 35 ans ne représentent plus que 23,1% de l'effectif global, tandis que la tranche des 35 à 50 ans en compte 43,2% et celle des 50 ans et plus 33,7%.
Les prévisions de la Caisse marocaine des retraites indiquent que 70.266 agents atteindront la limite d'âge au cours des cinq prochaines années, dont plus de 32.000 dans les seuls départements de l'éducation. Ces départs massifs exigeront un renouvellement continu des compétences au sein des services de l'État, où la proportion de femmes s'établit actuellement à 35,7%.
Une stratégie lisible : souveraineté et services de proximité
Lue à travers une grille géopolitique, cette répartition dessine une stratégie cohérente. Renforcer l'Intérieur et la Défense, c'est consolider la présence territoriale de l'État sur l'ensemble du Royaume, y compris dans les provinces du Sud, et affirmer la capacité de l'administration à accompagner les chantiers structurants portés sous la conduite du Roi Mohammed VI.
Recruter massivement des professionnels de la santé, c'est soutenir la généralisation de la couverture médicale, un engagement social majeur du Maroc. Les dotations accordées aux secteurs sociaux traduisent la même ambition: faire de l'État un acteur de proximité au service des citoyens.
Cette politique de valorisation des carrières publiques s'inscrit dans un contexte régional où plusieurs États procèdent à des arbitrages comparables sur leurs effectifs. En Algérie, par exemple, la programmation budgétaire prévoit une progression des effectifs de l'État de près de 83.000 postes entre 2026 et 2027, selon Le Jeune Indépendant. Le Maroc, lui, choisit la voie d'un recrutement ciblé, orienté vers la sécurité et le social.
Ce que révèle le budget 2026 des postes budgétaires
Combien de postes budgétaires sont créés au Maroc pour 2026 ?
Le projet de loi de finances 2026 prévoit la création de 34.454 postes budgétaires, dont 14.200 pour le ministère de l'Intérieur, 5.500 pour la défense nationale et 5.400 pour la santé.
Quels secteurs sont prioritaires dans ces recrutements ?
La sécurité et les services sociaux concentrent près de 72% des créations de postes, avec pour objectif de renforcer la présence territoriale de l'État et de soutenir la généralisation de la couverture médicale.
Combien de départs à la retraite sont attendus dans la fonction publique marocaine ?
Selon la Caisse marocaine des retraites, 70.266 agents atteindront la limite d'âge d'ici 2030, dont plus de 32.000 dans les départements de l'éducation.
